Sécheresse dans le Sud-Ouest de la France

Toulouse (France), 15 août 2002 – Les pluies du week-end dernier et les mesures de restrictions d’eau mises en place par les départements ont fait remonter les débits des cours d’eau dans le Sud-Ouest, au plus bas depuis 20 à 30 ans, toutefois la situation reste préoccupante.

« Les pluies du week-end ont fait remonter les débits. Les agriculteurs n’arrosant pas, on a de plus économisé des prélèvements », explique-t-on à la Direction régionale de l’environnement de Midi-Pyrénées (Diren). Mais, ajoute-t-on, « cet effet positif n’est que fugace car Météo France prévoit le retour d’un temps chaud et sec pour les jours à venir ».

Cette sécheresse estivale s’explique notamment par le déficit pluiviométrique de l’automne dernier.

L’automne, qui permet traditionnellement de recharger les réserves d’eau, a été particulièrement sec en 2001. Les nappes phréatiques se sont très peu reconstituées et les réserves de soutien d’étiage ne se sont que très partiellement remplies.

Les déficits de pluviosité atteignent entre 20 et 60%, confirme Jean-Marc Bouillon, technicien à Météo France. Dans certains départements, « on note des écarts de 400 mm par rapport à ce qu’il aurait dû pleuvoir » et dans une ville comme Agen, un tel déficit pluviométrique n’a pas été observé depuis 1948.

Certes, il a plu aux mois de juin et juillet, mais avec de tels déficits, « ces pluies n’ont pas amélioré la situation », poursuit-il.

Ce sont essentiellement les pluies de printemps et d’automne qui réalimentent les nappes, tandis que les pluies orageuses qui surviennent en été ravinent, mais ne sont pas « efficaces ».

M. Bouillon compare la situation actuelle à la sécheresse de 1989. Parmi les zones les plus touchées figurent le Lot-et-Garonne, le Gers, le nord de la Haute-Garonne, le sud du Lot, le Tarn-et-Garonne, le Tarn et l’Aveyron. Au total, 14 départements sur les 25 que compte le grand Sud-Ouest ont pris des arrêtés de restriction d’usages.

En Aveyron, on qualifie la situation de « préoccupante ». Les débits sont inférieurs à ceux enregistrés pendant la grande sécheresse de 1976, selon Renaud Rech, responsable de la Mission interservice de l’eau (MISE) en Aveyron.

Tant et si bien que l’arrosage des pelouses et le lavage des voitures ont été interdits par arrêté préfectoral, sous peine d’une amende de 3000 euros.

Avec 65 000 hectares irrigués, réservés à la culture du maïs, à l’arboriculture et aux cultures maraîchères, très gourmandes en eau, le Tarn-et-Garonne voisin a également des soucis à se faire.

De septembre à avril, la pluviosité a été inférieure de 50% à celle de l’année précédente. « Au printemps, on augurait une situation semblable à celle de 1976, mais heureusement il a plu en mai-juin-juillet », raconte Jérôme Filippini, secrétaire général à la préfecture du Tarn-et-Garonne.

Régulièrement, la préfecture réunit une cellule sécheresse pour faire la part des choses entre besoins agricoles et gestion des cours d’eau. Tantôt, elle impose des restrictions pour sauvegarder le débit des cours d’eau, tantôt elle autorise les prélèvements agricoles.

Un « arrangement » qui fonctionne tant bien que mal. Pour Christian Leray, conseiller hydraulique à la chambre d’agriculture de l’Aveyron, mieux vaudrait créer de nouvelles réserves. Car l’eau existe. Selon lui, elle est juste mal répartie et « insuffisamment stockée ».

Source : AFP

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