Semer tard, récolter autant

Des semis tardifs de maïs donnent généralement un rendement inférieur, mais ce n’est pas le cas à chaque fois. N’oublions pas que la nature a le don de nous surprendre. Pour vous donner espoir, voici deux pistes encourageantes.

Rappelons-nous d’abord les prévisions de Frank Waston, le météorologue du Bulletin des agriculteurs. Le printemps frais et humide qu’il avait prédit se concrétise.

Après un mois de juin frais, le reste de l’été sera plus chaud qu’à la normale, a aussi prévu Frank Watson. « Les cultures ont une étonnante capacité à se rattraper », dit-il.

Reste à voir si le temps chaud en juillet et août sera ponctué d’averses, ce qui permettrait un bon remplissage des grains.

Si des semis tardifs sont suivis de temps très sec durant la pollination et le remplissage des grains, les rendements seront lourdement affectés, fait remarquer le spécialiste du maïs Peter Thomison, de l’Ohio State University Extension.

Peter Thomison et son collègue Allen Geyer, du Ohio Agricultural Research and Development Center nous offrent une deuxième piste pour nous rassurer. Ils ont analysé les rendements de huit années depuis 1980 lors desquelles les producteurs de l’Ohio ont connu d’importants retards d’ensemencements.

Dans un récent numéro de l’infolettre du Crop Observation and Recommendation Network (CORN), ils révèlent qu’effectivement, les semis tardifs entraînent généralement des baisses de rendement, mais pas toujours.

Sur ces huit années (1981, 1983, 1989, 1995, 1996, 2002, 2008 et 2009), six ont connu des rendements inférieurs, oscillant entre 314 kg/ha (5 boisseaux/acre) de moins que la moyenne à long terme à 3512 kg/ha (56 boisseaux/acre) de moins lors de la récolte catastrophe de 2002.

En 1989, les rendements étaient dans la moyenne. En 2009, alors que seulement 42 % du maïs était semé en date du 20 mai, les rendements se sont avérés supérieurs à la moyenne à long terme, par 941 kg/ha (15 boisseaux/acre).

« Les conditions météorologiques, à la fois les précipitations et les températures, au cours des mois de juillet et août, sont probablement les plus importants facteurs déterminant les rendements », soutient Peter Thomison.

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