Signaux négatifs sur les marchés

Le tremblement de terre et le tsunami qui ont frappé le Japon la semaine dernière ont eu un effet très négatif non seulement sur les prix des grains, mais sur l’ensemble des marchés financiers, qui étaient déjà en très mauvaise posture depuis quelques jours.

Au courant de la semaine dernière, plusieurs autres éléments sont apparus et sont venus freiner et faire reculer les prix des grains.

Certains signaux avant-coureurs à l’idée que la demande (consommation) de grains soit sur le point de ralentir sont de plus en plus appréhendés. Les ventes à l’exportation de maïs qu’a rapporté pour la semaine dernière le USDA ont d’ailleurs été décevantes.

Le sentiment général des marchés financiers dans leur ensemble est en train de changer de cap, passant d’optimiste (« bullish ») à progressivement pessimiste (« bearish »). Autant les prix des grains ont-ils pu profiter des faveurs des marchés optimistes au cours des derniers mois pour alimenter leur progression importante, autant sont-ils maintenant écrasés par leur retrait massif. Les prix de plusieurs autres commodités non agricoles ainsi que les marchés boursiers ont aussi subi les effets de ce changement d’humeur des marchés financiers.

Les révoltes populaires au Moyen-Orient et en Afrique continuent de s’étendre (Arabie Saoudite) et de s’aggraver dans certains cas (Lybie). Les marchés sont de plus en plus nerveux à cet égard. Si cette situation se dégrade davantage, le prix du pétrole pourrait bondir et faire ralentir l’économie mondiale, ce qui affecterait la consommation de grains.

La Chine serait toujours aux prises avec de nombreuses difficultés à contrôler la surchauffe de son économie et la pression inflationniste qui se fait sentir sur les prix, incluant ceux des aliments. Cette situation inquiète certains analystes qui y voient un signe que tôt ou tard, les importations chinoises de grains pourraient n’avoir d’autre choix que de ralentir réellement, ce qui n’a pas été encore le cas jusqu’à ce jour.

Les craintes entourant la production de blé d’hiver américain, qui était menacée par des conditions sèches jusqu’à dernièrement, sont en train de se résorber alors que des conditions plus humides ont été rapportées depuis quelques jours.

Malgré les difficultés de récoltes et de manutention des grains des dernières semaines au Brésil en raison des conditions humides, plusieurs firmes spécialisées continuent de signaler que la production de soya brésilien devrait être plus importante que certains le prévoyaient. Comme l’a révélé le dernier rapport mensuel du USDA, la production de maïs pourrait être aussi plus considérable que prévu.

Écrasés par ces nombreux facteurs décourageants, plusieurs signaux techniques négatifs sont apparus au cours de la semaine dernière, ce qui a incité davantage les investisseurs et spéculateurs à liquider leurs positions et se retirer. Tout au long de la semaine, différents niveaux de support importants ont été brisés. Vendredi, en réaction au tremblement de terre au Japon et à la liquidation massive des marchés financiers qui a suivi, des tendances haussières en place depuis plusieurs mois ont aussi été brisées du côté du maïs et du soya.

Le tremblement de terre au Japon est venu porter un autre coup aux marchés. Le Japon étant un important importateur de grains, la plupart des analystes s’accordent à dire qu’à court terme, il pourrait y avoir un ralentissement non négligeable de ce côté. Ceci est sans compter les nombreuses difficultés qui seront rencontrées pour que le grain déjà acheté soit livré et déchargé dans les installations portuaires japonaises.

À plus long terme, plusieurs croient cependant que le Japon pourrait importer davantage de grains pour renflouer les pertes encourues par les dommages qu’aura occasionné le tremblement de terre.

La question reste à savoir maintenant jusqu’où les prix des grains pourraient reculer au cours des prochains jours/semaines?

Plus d’information sur www.grainwiz.com

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