Sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes de la Montérégie

Sainte-Marthe (Québec), 30 juin 2005 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue à la Ferme Robert Séguin et Fils de Sainte-Marthe en Montérégie, la députée de Soulanges, whip adjointe du gouvernement et représentante du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Mme Lucie Charlebois, ainsi que les présidents du comité agroenvironnement des Fédérations de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield et de Saint-Hyacinthe, MM. Serge Beaulieu et Daniel Racine, ont dévoilé les résultats régionaux du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec.

Mme Charlebois de même que MM. Beaulieu et Racine ont souligné les efforts et les progrès réalisés par les productrices et les producteurs agricoles au cours des dernières années en matière de protection de l’environnement. Les résultats sont révélés dans une étude intitulée Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

L’étude effectuée par le MAPAQ avec la collaboration de l’UPA, à laquelle a contribué financièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer les progrès accomplis par les productrices et les producteurs agricoles en matière d’agroenvironnement entre 1998 et 2003. Rappelons qu’il y a dix ans le monde agricole a déployé une vaste stratégie agroenvironnementale. Une première étude, initiative de l’UPA, a consisté à effectuer Le portrait agroenvironnemental des fermes du Québec en 1998, afin de se doter d’une référence pour mesurer ensuite le chemin parcouru.

« Les résultats obtenus en Montérégie, comme dans les autres régions du Québec, démontrent l’implication des producteurs agricoles et les efforts qu’ils ont consentis dans la mise en place de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Je les félicite et les encourage à poursuivre le travail amorcé. Les données recueillies lors du sondage serviront d’éléments de référence pour ajuster ou établir leur plan d’action », a mentionné Mme Charlebois.

« En Montérégie-Ouest, nous sommes particulièrement fiers des efforts déployés et des progrès de nos producteurs en matière d’agroenvironnement. En effet, pas moins de 400 projets ont été réalisés pour réduire les odeurs, protéger les rives, les milieux aquatiques et les terres, et ce, moyennant un investissement important qui totalise 2,5 millions de dollars, dont une aide financière du programme Prime-Vert du MAPAQ de près de 1,3 million », a souligné M. Beaulieu, président du comité agroenvironnement de la Fédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield.

« Nous sommes heureux de constater que notre stratégie en agroenvironnement porte fruit, a pour sa part ajouté M. Racine, président du comité agroenvironnement de la Fédération de l’UPA de Saint-Hyacinthe, qui regroupe 6 400 producteurs en Montérégie-Est. Cette stratégie incite les producteurs à adopter de nouvelles pratiques qui ont notamment contribué à diminuer de moitié la teneur en phosphore à la surface du sol malgré l’importance des activités agricoles sur notre territoire, le plus important au Québec en ce qui concerne l’agriculture. »

D’importants progrès
Les progrès touchent la gestion des fertilisants et des engrais minéraux, la diminution des charges de phosphore, la conservation des sols et la protection des cours d’eau (voir Faits saillants des progrès réalisés).

En Montérégie-Est, on note une récupération importante des eaux de laiterie, grâce à la mise en place de structures étanches, et une nette diminution du bilan de phosphore à la surface du sol en raison d’une meilleure gestion alimentaire des animaux et d’une fertilisation mieux adaptée aux besoins des cultures.

En Montérégie-Ouest, on constate que des efforts particuliers ont été faits pour réduire les odeurs et assurer une meilleure cohabitation; en effet, il y a une nette progression dans l’aménagement d’écrans boisés autour des sites d’élevage et dans l’incorporation des fumiers en moins de 48 heures.

À la lumière des données récentes, les plans d’action seront révisés pour continuer à relever le défi de l’agroenvironnement. Cette démarche actuellement en cours s’inscrit dans la mise à jour de la stratégie agroenvironnementale du monde agricole et du gouvernement.

Un portrait complet de la situation
L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées aux spécialistes de la firme BPR inc. auxquels s’est joint le Service de consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont été recueillies par sondage auprès d’un échantillon représentatif constitué de 5 178 entreprises agricoles du Québec. Des informations provenant du fichier des exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ ainsi que des données contenues dans quelque 10 500 bilans de phosphore obtenus par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait complet de la situation.

Pour plus ample information au sujet du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, veuillez consulter le site Internet du MAPAQ.

Faits saillants des progrès réalisés en Montérégie-est
Les faits saillants des progrès qui ressortent de l’étude Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec sont présentés ci-dessous selon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiques agroenvironnementales à la ferme.

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
En Montérégie-Est, l’entreposage des engrais de ferme dans des structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé, passant de 75 % à 81 % du cheptel entre 1998 et 2003.

Cette amélioration est principalement attribuable au secteur laitier. La mise en place de structures étanches dans ce secteur permet de récupérer une plus grande partie des eaux de laiterie. Ainsi, les eaux de laiterie éliminées avec les déjections animales ou traitées sont passées de 35 % en 1998 à 57 % du cheptel laitier en 2003.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Bien que la région ait connu, en 2003, une augmentation du cheptel de près de 9 % et que les superficies cultivées soient plus élevées de 6 %, le bilan de phosphore à la surface du sol a diminué de 50 %.

Cette amélioration s’explique en partie par une meilleure gestion alimentaire des animaux et une fertilisation mieux adaptée aux besoins des cultures résultant de l’application des plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF). Notons que les apports d’engrais minéraux phosphatés ont été réduits de 30 % au cours de la période étudiée.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Pour rationaliser l’usage des pesticides, les producteurs ont recours à des techniques comme l’application en bande, le désherbage mécanique et les doses réduites.

On constate aussi que le tiers des entreprises de la Montérégie-Est applique simultanément des mesures de lutte intégrée telles que le dépistage de maladies, ravageurs et mauvaises herbes de même que le réglage du pulvérisateur au moins une fois par année.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
L’adoption de pratiques de travail réduit du sol (sans utilisation de la charrue à versoir) est passée de 35 % à 51 % des superficies consacrées aux cultures annuelles entre 1998 et 2003.

Thème 5- Réduction des odeurs
Des efforts considérables ont été consentis à la mise en place de pratiques permettant de réduire les odeurs. En 2003, plus de 70 % des fumiers ont été incorporés en moins de 48 heures et 38 % en moins de 24 heures. De plus, l’épandage après la récolte des cultures annuelles est passé de 55 % en 1998 à 33 % en 2003. Ces applications d’automne ont été principalement déplacées vers le printemps, avant le semis : de 40 % en 1998, elles étaient de 53 % en 2003.

La Montérégie-Est a connu une augmentation significative des engrais de ferme épandus sous une forme liquide (76 % en 2003, 53 % en 1998). Cependant, les entreprises agricoles de la région ont su adapter leurs pratiques d’épandage pour réduire les inconvénients, en utilisant les rampes basses. Depuis 1998, le MAPAQ a versé, dans le cadre du programme Prime-Vert, plus de 1,2 million de dollars pour l’achat de 235 rampes d’épandage.

Enfin, trois fois plus d’écrans boisés ont été aménagés autour des bâtiments en 2003 comparativement à 1998 (16 % contre 5 %).

Faits saillants des progrès réalisés en Montérégie-ouest
Thème 1 – Réduction de la pollution localisée
En Montérégie-Ouest, le pourcentage des effluents d’élevage entreposés de façon étanche a nettement progressé de 1998 à 2003, passant de 63 % à 76 % du cheptel régional. Cette progression a eu pour conséquence non seulement d’améliorer la qualité de l’entreposage, mais aussi de réduire les volumes d’eaux de laiterie rejetés sans traitement. Ces volumes ont diminué de 28 %, passant de 50 % du cheptel en 1998 à 22 % en 2003. Il s’agit d’une des plus faibles proportions de la province.

Thème 2 – Réduction de la pollution diffuse par le phosphore
Bien que le rapport entre le cheptel et les superficies cultivées soit l’un des plus faibles de la province et que les superficies cultivées aient légèrement augmenté (2 %), le bilan de phosphore à la surface du sol a diminué de 18 % entre 1998 et 2003, résultat d’une fertilisation en conformité avec les plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF).

Par ailleurs, on observe une meilleure gestion des engrais de ferme par une proportion accrue des fumiers appliquée pendant la période de croissance des plantes plutôt qu’après la récolte. Alors qu’en 1998, 64 % des fumiers étaient épandus après la récolte, en 2003, cette proportion a été réduite à moins de 48 %.

Thème 3 – Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
L’intégration de plusieurs concepts et techniques permet de réduire l’usage des pesticides dans les fermes. La Montérégie-Ouest comprend une forte proportion de surfaces consacrées à des cultures annuelles, lesquelles nécessitent des moyens de lutte efficaces contre les mauvaises herbes. À cet égard, on constate une réduction significative des superficies ayant reçu des pesticides, celles-ci étant passées de 76 % à 66 % entre 1998 et 2003. C’est donc dire que d’autres moyens de lutte intégrée ont remplacé les méthodes traditionnelles sur plusieurs hectares de cultures.

Thème 4 – Conservation des sols et protection des cours d’eau
Le travail réduit du sol diminue l’érosion et le transport des amendements vers les cours d’eau. Entre 1998 et 2003, on a connu une progression importante des superficies qui font l’objet d’un travail minimum du sol et particulièrement d’un semis direct; celles-ci sont en effet passées de 29 % à 49 % des superficies totales.

On observe aussi que l’aménagement de haies brise-vent protégeant les sols contre l’érosion éolienne est en progression. Alors qu’en 1998 très peu d’aménagements avaient été réalisés, 3 % des surfaces étaient protégées en 2003, comparativement à 0,6 %.

Thème 5 – Réduction des odeurs
Des efforts particuliers ont été faits pour réduire les odeurs en Montérégie-Ouest. L’aménagement d’écrans boisés autour des sites d’élevage est passé de 10 % du cheptel en 1998 à 28 % en 2003, et il demeure en constante progression.

L’enfouissement des fumiers contribue aussi à la réduction des odeurs. La proportion de ces engrais de ferme laissés en surface a diminué au cours de la période concernée. Alors que 29 % étaient laissés en surface en 1998, en 2003, cette proportion était ramenée à 20 %. De plus, 64 % des fumiers étaient incorporés en moins de 48 heures.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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