Syngenta France prévoit de limiter le recul des ventes de phytosanitaires en 2001

Syngenta France est né sous le nom de Syngenta SAS, avec une activité protection des cultures et une activité semences. Lorsque Syngenta Japon et Syngenta Inde auront été lancés, le processus de fusion du suisse Novartis et de l’anglo-suédois AstraZeneca sera achevé.

Numéro un mondial de la protection des plantes, Syngenta se place devant Monsanto (3,8 milliards de dollars) avec un chiffre d’affaires de 5,9 milliards de dollars et Aventis (2,7 milliards) sur un marché mondial de 29,7 milliards. Un classement qui ne survivra pas au prochain mariage d’Aventis CropScience, convoité par les deux chimistes allemands Bayer et BASF . Son activité semences place Syngenta au troisième rang mondial avec un chiffre d’affaires de 950 millions de dollars en 1999 et une part de marché de 7% derrière Pioneer/DuPont numéro un (14% du marché) et Monsanto, numéro deux (10%).

La création de Syngenta France s’est faite dans un contexte difficile de recul important (- 8 à – 9%) d’un marché phytosanitaire victime de la crise agricole. Elle a d’ailleurs donné lieu à un plan social pour le tiers des effectifs. Jeremy Macklin, directeur général de Syngenta, qui estime que le secteur « a un travail important à faire pour redorer son image », s’est fixé trois axes stratégiques : l’agriculture raisonnée, le travail en filières certifiées et tracées et la preuve que les pesticides peuvent contribuer à la qualité alimentaire. Le groupe annonce d’ailleurs le prochain lancement de produits réduisant l’impact sur l’environnement et pense compter parmi ses clients 50 000 exploitations certifiées d’ici 2005.

Syngenta France affiche un chiffre d’affaires proforma de 4 milliards de francs français en 2000 pour son activité protection des cultures, qui emploie 530 personnes, tandis que le chiffre d’affaire proforma de Syngenta Seeds s’élève à 1 milliard de francs avec des effectifs de 462 personnes en 2000. Les fongicides représentent 40% des ventes de phytosanitaires, les herbicides sélectifs 30%, les insecticides et les traitements de semences 10% chacun.

Syngenta Seeds, qui est issu de groupes semenciers de longue date (les suisses Ciba et Sandoz, dont la fusion a donné Novartis), a opéré des investissements majeurs en génomique, dont il pense tirer des gains de temps appréciables (2 à 3 ans) pour la mise au point de nouveaux produits.

Bernard Charlot, président de Syngenta Agro SAS a refusé toute prévision de résultats en 2001 mais prévoit néanmoins que les ventes décroîtront moins vite que le marché français. « Il faut prévoir une érosion des ventes sur l’Hexagone mais en aucun cas, il n’y aura d’effondrement », a-t-il commenté. Deux lancements de produits (dont un herbicide sur maïs, Callisto) sont prévus en 2001 et 2002. Les herbicides et les fongicides sont les deux familles de produits les plus rentables pour Syngenta.

Le groupe vient d’entrer sur les marchés obligataires avec une émission de titres d’une valeur nominale de 1.150 millions d’euros, qui lui permettra notamment de refinancer son endettement court terme.

Source : Les Échos

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