Syngenta : horizon incertain après une bonne année 2002

Zurich (Autriche), 20 février 2003 – Le premier groupe agro-chimique mondial, le suisse Syngenta, a publié des résultats 2002 situés dans le haut de la fourchette des estimations mais entend rester prudent pour 2003, faute d’entrevoir le redressement attendu de son marché.

Le bénéfice net du groupe a progressé de 18,8% hors exceptionnels l’an dernier, à 265 millions de dollars.

Après incorporation des exceptionnels, dont 396 millions de dollars de charges de restructuration, Syngenta accuse une perte nette de 27 millions de dollars, contre un bénéfice de 34 millions en 2001.

Son chiffre d’affaires annuel a reculé de 2%, à 6,197 milliards de dollars. L’Ebitda (résultat avant impôts, charges financières, dépréciations et amortissements) a augmenté de 2,4%, à 1,154 milliard.

La marge d’Ebitda a progressé de 0,8 point sur l’année, à 18,6%, grâce aux réductions de coûts et aux nouveaux produits.

Les analystes tablaient sur une baisse de 3% du chiffre d’affaires, à environ 6,1 milliards de dollars, et sur une progression du résultat net hors exceptionnels de plus de 12%.

Mais si la réduction des coûts a porté ses fruits en 2002, les dirigeants de Syngenta soulignent que les difficultés de leur marché pourraient persister.

« Je ne me risquerai pas à prévoir à quel moment les marchés agricoles connaîtront une reprise forte », a expliqué à Reuters Michael Pragnell, le directeur général du groupe.

« Nous avons tendance à être prudents à ce stade de l’année et nous aurons une bien meilleure perception de la croissance de l’activité lorsque nous publierons les résultats du premier trimestre », a-t-il ajouté.

Pas de reprise en vue
Si Syngenta vise toujours une marge d’exploitation de 25% à moyen terme, Michael Pragnell reconnaît que la réalisation de cet objectif suppose un redressement des marchés agricoles et se garde de fixer une date.

En 2003, l’augmentation de la marge devrait être inférieure à 1%, en raison de la faiblesse du dollar et des coûts liés au financement des retraites de ses salariés, a explique le groupe.

Syngenta, né en 2000 de la fusion des divisions agro-chimiques d’AstraZeneca et de Novartis, est le premier producteur mondial de pesticides et fongicides pour l’agriculture.

La fusion avait été motivée notamment par la crise du marché mondial des produits agro-chimiques, entamée en 1998 sur fond de baisse des cours des céréales et de réduction des subventions agricoles et prolongée par les difficultés de l’Amérique latine.

L’absence de perspectives de redressement du marché dans les déclarations des dirigeants du groupe explique en partie le recul de l’action Syngenta, qui cédait 4,42% en Bourse de Zurich vers 10h30 GMT, à 75,75 francs suisses.

« Les résultats sont rigoureusement conformes aux prévisions des dirigeants », explique Thomas Gilbert, de JP Morgan à Londres, qui a une recommandation « neutre » sur le titre.

« Mais l’élément clé, ce sont les perspectives. Étant donné les commentaires récents des fabricants d’engrais et d’autres, beaucoup de gens sur le marché pensaient qu’une reprise du cycle était envisageable. A l’évidence, le groupe ne constate pas cela, pour l’instant, dans ses carnets de commandes ».

L’action Syngenta avait perdu 7% de sa valeur l’an dernier.

Faute de reprise, Syngenta poursuivra cette année la réduction de ses coûts : il vise toujours 625 millions de dollars d’économies d’ici 2005. Les charges de restructuration devraient parallèlement être divisées par deux cette année.

Syngenta a dépassé en 2002 ses objectifs d’économies, réduisant ses coûts de 197 millions de dollars, soit 22 millions de plus que prévu, mais il a dû injecter 135 millions de dollars dans ses principaux fonds de retraites pour compenser la baisse des marchés financiers

Cette contribution au financement des retraites devrait augmenter de 55 millions de dollars à partir de 2003, a-t-il précisé.

Source : Reuters

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Syngenta
http://www.syngenta.com/

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