États-Unis : Bush coupe le budget à l’agriculture

Washington (États-Unis), 6 février 2006 – La Maison-Blanche a dévoilé un projet de budget 2007 qui fait la part belle aux dépenses de défense, de sécurité et des opérations à l’étranger, mais taille dans les autres secteurs et compte sur la croissance pour ramener le déficit sous les 400 milliards de dollars.

Le gouvernement prévoit ainsi des coupes dans la majorité des grands secteurs: -6,5% pour l’agriculture, -3,8% pour l’éducation, -2,3% pour la santé, -7,2% pour la justice, -9,4% pour les transports, -4% pour l’environnement.

Le projet table sur un déficit de 354 milliards de dollars en 2007, soit 2,6% du produit intérieur brut (PIB).

Cela correspond à 69 milliards de moins que les 423 milliards finalement attendus pour 2006 (3,2% du PIB) par l’administration Bush. Celle-ci tablait jusqu’à présent sur un déficit 2006 « supérieur à 400 milliards ».

Le chiffre final tient compte des « dépenses inattendues liées à l’aide et l’effort de reconstruction en réponse aux cyclones Katrina et Rita », a-t-elle expliqué.

Entre 2006 et 2007 cependant, le déficit devrait se réduire grâce, d’abord, à « une politique vigoureuse de limitation des dépenses ».

Les dépenses pour 141 programmes jugés peu efficaces vont être réduites ou stoppées, ce qui permettra d’économiser « près de 15 milliards de dollars rien qu’en 2007 ».

A plus long terme, sur la période 2007-2011, 65 milliards seront économisés grâce aux réformes dans l’agriculture, la couverture retraite et le système Medicare, qui assure la couverture sociale des personnes âgées et handicapées. Quelque 36 milliards d’économies seront réalisées dans le cadre de ce seul programme.

« A long terme, la plus grande menace pour notre santé budgétaire vient de la croissance insoutenable des programmes de retraite, comme la sécurité sociale et Medicare », justifie le texte, évoquant l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom.

Il se veut cependant rassurant: « pour résoudre ce problème, nous n’avons pas besoin de tailler dans ces programmes, mais nous avons besoin de réduire leur croissance », plaide-t-il.

Le président de la commission du budget au Sénat, Judd Gregg, a « applaudi le président pour la poursuite de ses efforts destinés à restreindre les dépenses fédérales et réduire encore le déficit ».

Mais pour le sénateur démocrate Kent Conrad, « il s’agit encore de la même course budgétaire imprudente que l’administration Bush a suivi ces cinq dernières années », avec une « explosion » des déficits.

« Le résultat sera encore plus de dette laissée à nos enfants », a-t-il prévenu.

Trois secteurs importants échappent cependant à l’austérité souhaitée par le gouvernement: la défense, la sécurité et les opérations à l’étranger.

Leurs dépenses augmentent respectivement de 6,9% à 439,3 milliards de dollars, 3,3% à 33,1 milliards et 12,2% à 33,9 milliards.

« Le budget du président pour 2007 continue de s’impliquer pour mener et gagner la guerre contre le terrorisme, protéger le territoire national, et faire progresser la cause de la liberté à travers le monde », souligne le texte dès les premières lignes.

Deuxième facteur de la réduction du déficit selon l’administration Bush, une croissance toujours solide qui va continuer à soutenir les rentrées fiscales. Elle devrait s’inscrire à 3,6% en 2005, 3,4% en 2006, 3,3% en 2007 et 2008, puis 3,2% en 2009.

Résultat, le déficit budgétaire devrait être réduit à 223 milliards en 2008 (1,5% du PIB) puis 208 milliards en 2009 (1,4% du PIB), dernier budget qui sera décidé par l’administration de George W. Bush.

Pour que l’expansion économique se poursuive, la Maison Blanche a une nouvelle fois appelé le Congrès à rendre permanentes les réductions d’impôts décidées en 2001 et 2003.

Source : AFP

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