Étude : Les détaillants canadiens en compétition pour le panier d’épicerie

Ottawa (Ontario), 11 avril 2006 – Les épiciers canadiens se tirent bien d’affaire dans la concurrence qui les met nez à nez avec les magasins de marchandises diverses pour le panier d’épicerie. Il semble aussi qu’ils font beaucoup mieux que leurs homologues américains, selon un article paru aujourd’hui.

Les Canadiens, comparativement aux Américains, font bien moins leur épicerie dans les magasins de marchandises diverses. La tendance chez les consommateurs à faire leurs emplettes à un seul endroit rejoindrait bien moins d’adeptes de ce côté-ci de la frontière.

Le présent article examine la compétition pour le panier d’épicerie du consommateur entre les magasins d’aliments et de boissons et les magasins de marchandises diverses. De plus, il compare la situation relative de ces deux types de magasins au Canada et aux États-Unis.

Les magasins d’alimentation canadiens ont conservé la part du lion du marché des dépenses alimentaires. A l’opposé, les épiciers américains perdent du terrain face aux magasins de marchandises diverses.

Les consommateurs canadiens ont dépensé 61,6 milliards de dollars au chapitre des aliments en 2004. D’une part, pour chaque tranche de 100 $, ils ont déboursé 83,90 $ dans les magasins d’alimentation, ce qui représente un montant à peu près inchangé comparativement à 85,10 $ en 1998.

D’autre part, les consommateurs canadiens ont déboursé seulement 10,60 $ en achat d’aliments dans les magasins de marchandises diverses en 2004, à peine un peu plus que les 9,00 $ quatre ans plus tôt.

Par contre, les Américains ont déboursé pour chaque tranche de 100 $US, à peine 70,40 $US dans les magasins d’alimentation en 2002. Ils y dépensaient 76,90 $US en 1997.

Pour conserver leur clientèle, les détaillants canadiens en alimentation ont offert une gamme d’articles alimentaires plus diversifiée. Ils ont aussi davantage accru leur offre d’articles non alimentaires comparativement aux détaillants d’alimentation américains.

Entre 1998 et 2004, la proportion des ventes non alimentaires dans les magasins d’alimentation a progressé de 5,1 points de pourcentage au Canada. Il s’agit d’une croissance pratiquement cinq fois plus grande que celle de 1,1 point de pourcentage observée aux États-Unis entre 1997 et 2002.

Les ventes d’articles non alimentaires consistent principalement de produits de première nécessité, tels que les articles de santé et de soins personnels. La vente de ces articles dans les magasins d’alimentation a bondi de plus de 10 % par année. Ces articles ont eu plus de succès à retrancher des parts de marché aux autres détaillants.

Au Canada, les magasins d’alimentation ont accru leur part de marché des ventes d’articles de santé et de soins personnels, qui est passée de 13,9 % des ventes totales en 1998 à 16,8 % en 2004. Ce sont pour les médicaments (avec et sans ordonnance), les vitamines, les plantes médicinales et les autres suppléments de santé que les magasins d’alimentation ont gagné le plus de parts de marché. Cette part a augmenté de 10,3 % des ventes totales en 1998 à 14,1 % en 2004.

Ces augmentations importantes sont en partie le résultat de la présence accrue de pharmacies dans les supermarchés et de la croissance de la consommation de médicaments. Les magasins d’alimentation ont vendu proportionnellement plus de ces articles de santé que les magasins de marchandises diverses.

Une des raisons possibles du succès des magasins d’alimentation au Canada est qu’ils investissent beaucoup plus dans leurs magasins que les magasins de marchandises diverses ne le font. Aux États-Unis, le contraire a été observé.

Au Canada, les magasins d’alimentation ont investi 1,1 milliard de dollars dans des immeubles commerciaux en 2005, alors que les magasins de marchandises diverses ont investi 189 millions de dollars. Autrement dit, les magasins d’alimentation ont contribué à 85,8 % de l’investissement dans ces deux secteurs.

Aux États-Unis, les magasins de marchandises diverses ont investi 7,5 milliards de dollars américains (69,3 % du total) dans la construction d’immeubles commerciaux, alors que leurs concurrents en alimentation ont investi 3,3 milliards de dollars américains (30,7 % du total).

Initialement, l’investissement s’était accru plus rapidement aux États-Unis qu’au Canada, grâce à la progression plus rapide des dépenses des ménages dans ce pays durant les années 1990. Au cours de cette période, la consommation était limitée au Canada par une longue récession et par la croissance du magasinage transfrontalier.

C’est ainsi qu’il a fallu attendre la décennie actuelle pour voir l’investissement des détaillants augmenter rapidement au Canada, grâce à une croissance soutenue des dépenses des consommateurs et à la baisse du dollar qui a ramené les consommateurs canadiens à la maison. Par la suite, les restrictions plus grandes en ce qui concerne traverser la frontière après les événements du 11 septembre 2001 ont maintenu cette tendance, malgré un dollar canadien qui prenait de la valeur.

L’article analytique intitulé «Les détaillants canadiens en compétition pour le panier d’épicerie» (11-621-MIF2006038, gratuit) est maintenant offert en ligne dans la série Analyse en bref.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

Commentaires