Un nouveau régime alimentaire à base de gras animaux sains

Ottawa (Ontario), 8 octobre 2003 – Il y a de bonnes nouvelles pour l’industrie bovine et les amateurs du boeuf. La viande renfermant le bon type de persillé pourrait avoir des effets positifs sur la santé des consommateurs.

Certains gras présents dans le boeuf, l’agneau et les produits laitiers peuvent effectivement réduire la formation de cellules adipeuses et les dépôts de gras dans le corps. Cette conclusion est tirée d’études préliminaires publiées dans des revues scientifiques à la suite de travaux effectués par Agriculture et Agroalimentaire Canada.

« Les gras n’ont pas tous la même incidence sur la santé humaine, a souligné le Dr Priya Mir, un spécialiste de la physiologie de la digestion des ruminants. Les acides linoléiques conjugués (ALC), des composés gras qu’on trouve dans la viande et les produits laitiers, améliorent la santé humaine lorsque consommés. »

« Les ALC présents dans le boeuf réduisent l’incidence du cancer chez les animaux de laboratoire nourris aux produits de boeuf, a ajouté le Dr Mir. Chez les rats qui consomment du boeuf riche en ALC, il se forme moins de cellules adipeuses de sorte que le risque de stockage de gras contribuant à l’obésité diminue. »

Selon le Dr Mir, l’obésité chez les humains est due en partie au nombre de cellules qui hébergent des lipides. Ces cellules appelées adipocytes se développent lorsque nous sommes très jeunes, à l’adolescence, au stade de la fécondité et lorsque nous sommes soumis à un stress nutritionnel.

D’autres recherches ont révélé que la formation d’un nombre élevé d’adipocytes prédispose une personne à prendre trop de poids à cause des dépôts de gras qui s’accumulent au cours de sa vie. La diminution du nombre d’adipocytes dans le corps réduit le risque de devenir obèse et les problèmes de santé connexes.

« Nous avons là une chance réelle d’améliorer l’état général de santé et le bien-être de la population, a poursuivi le Dr Mir. L’augmentation de la concentration d’ALC dans les aliments aura des retombées positives sur un grand nombre de personnes, car certains problèmes de santé diminueront et la qualité de vie s’améliorera. »

Environ 40 pour cent des décès à l’échelle nationale sont attribuables aux maladies cardiovasculaires et au diabète, deux problèmes de santé liés de près à l’adiposité. Les ALC d’origine biologique s’avèrent encore plus efficaces que les ALC synthétiques pour réduire l’accumulation de gras chez les animaux de laboratoire.

D’après le Dr Mir, il est possible d’augmenter la quantité de gras sains assimilés par le consommateur de boeuf en modifiant le régime alimentaire des bovins de boucherie. En effet, l’addition de certaines huiles végétales au régime de ces animaux a pour effet d’accroître la concentration de gras sains dans la viande de boeuf.

En servant de l’huile de tournesol riche en acides linoléiques aux bovins de boucherie, on peut augmenter de plus de 300 pour cent la concentration d’ALC dans le persillé de la viande. En outre, l’accroissement de la concentration de gras sains ne fait pas augmenter la quantité totale de lipides dans la viande.

Les consommateurs ne sont pas les seuls qui pourraient profiter de cette découverte. Une alimentation animale riche en acides linoléiques offre également des avantages aux producteurs.

« Lorsque nous avons remplacé six pour cent de l’orge par de l’huile de tournesol dans le régime alimentaire des bouvillons, le gain de poids quotidien et l’indice de consommation de ces derniers ont augmenté, a expliqué le Dr Mir. En moyenne, le régime alimentaire enrichi d’huile a permis aux animaux de gagner huit pour cent de plus en poids. Et une fois que les animaux se sont adaptés à ce régime, leur indice de consommation s’est accru de 16 pour cent. »

Ces résultats ont été obtenus avec plusieurs races bovines allant de la Wagyu, une japonaise à la viande très persillée, à la Limousine, une européenne à la viande ultra-maigre.

Aux dires du Dr Mir, les ALC amélioreraient même la durée de conservation du boeuf sur les étalages des magasins de détail.

Les chercheurs poursuivent leurs analyses pour voir si l’alimentation à base de graines de tournesol entières donnera les mêmes résultats que l’alimentation à base d’huile traitée.

« Il n’est pas nécessaire de griller les graines à sec et de les aromatiser pour qu’elles plaisent aux bovins. Ceux-ci trouvent les graines non traitées très agréables au goût, a souligné le Dr Mir. L’incorporation de ce « régal » dans le régime alimentaire des bovins de boucherie, des bovins laitiers et des agneaux permettra peut-être de produire des viandes et des produits laitiers qui auront des effets bénéfiques sur l’état général de santé de la population. »

« Les possibilités sont là. Il ne reste qu’à définir les modalités du système d’alimentation et de commercialisation », a conclu le Dr Mir.

La recherche sur les ALC est financée également par l’Alberta Livestock Industry Development Fund et le Programme de partage des frais pour l’investissement en R & D d’AAC. Les scientifiques du Centre de recherches de Lethbridge font partie de l’équipe nationale d’AAC qui étudie des façons d’améliorer la qualité nutritionnelle et fonctionnelle du boeuf, d’accroître l’indice de consommation des bovins de boucherie et de protéger l’environnement.

L’élément science et innovation du Cadre stratégique pour l’agriculture (CSA) fait la promotion de la recherche dans des domaines comme la médecine, la santé et la nutrition. Les travaux scientifiques sur les ALC aideront les producteurs canadiens à fournir aux consommateurs du Canada et de l’étranger les aliments sains et salubres qu’ils exigent.

Un des objectifs du CSA est d’améliorer la rentabilité des producteurs en leur fournissant les outils et les capacités nécessaires pour répondre aux exigences changeantes des consommateurs en matière d’aliments sains, de salubrité des aliments et de production respectueuse de l’environnement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

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