Un seul employé au programme des maladies exotiques à l’ACIA

Longueuil (Québec), 24 mai 2001 – En novembre dernier, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) tenait un exercice de simulation en cas d’urgence avec ses homologues américains et mexicains. L’exercice reproduisait l’apparition d’un foyer de fièvre aphteuse dans les trois pays, simultanément. Récemment, l’Agence rendait public, sur son site internet, le rapport issu de cette opération. On peut y lire : « L’absence d’employés et de ressources consacrés à la gestion des urgences a été perçue comme une lacune importante. » L’agence déplore qu’« on ne compte qu’un seul employé au programme des maladies exotiques ». C’est écrit en toutes lettres!

Que l’agence sonne ainsi l’alerte a de quoi inquiéter alors que plane encore le spectre de la fièvre aphteuse. Nous aurons beau, en tant que productrices et producteurs, prendre toutes les mesures de précaution qui s’imposent (nous l’avons d’ailleurs fait en tant qu’organisation responsable), il faut que les systèmes de contrôle en place, qui font office de première barrière, et ceux qui les appliquent disposent des ressources adéquates pour s’acquitter de leur mandat. Ce n’est pas la première fois que l’alarme est sonnée: le vérificateur général et la Société royale du Canada, ces derniers mois, avaient eux aussi déploré une situation qui apparaît de plus en plus inadmissible.

Par le passé, l’UPA a eu maintes fois l’occasion de signaler des effets indésirables qui, à certains égards, équivalent à une « privatisation » en douce des responsabilités de l’État. Pourtant la crise vécue par nos collègues du Royaume-Uni devrait apprendre à nos politiciens que des ressources suffisantes en prévention et en gestion d’épizootie sont des investissements peu coûteux au regard des drames économiques et humains qu’ils permettent d’éviter à la classe agricole, au milieu rural, voire au pays entier. Bref, un constat incontournable s’impose : la réputation d’excellence du Canada a un prix.

À l’échelle internationale, les produits alimentaires et les systèmes de contrôle canadiens ont toujours joui d’une réputation d’excellence. « La plupart des pays étrangers qui importent nos produits ont examiné les programmes d’inspection de l’Agence et ils les voient généralement d’un bon œil », soulignait le Vérificateur général. Cet élément de confiance ou cette impression de sécurité alimentaire, pour reprendre la nouvelle expression, est primordiale. Non seulement sur les marchés étrangers, mais sur les marchés domestiques également. Les consommateurs, en effet, sont de plus en plus préoccupés de la qualité des aliments qu’ils consomment et leurs attentes se sont significativement accrues à l’égard des mesures de contrôle des gouvernements et de l’industrie. Nous aussi, pour produire, nous réclamons ce même environnement de confiance que nos systèmes nous avaient jusqu’ici toujours garanti.

Dans la chaîne de production des aliments, chacun assume sa part de responsabilités s’agissant de salubrité, des producteurs agricoles jusqu’aux consommateurs, en passant par les transformateurs, les grossistes, les distributeurs et… les gouvernements. Le rôle de ces derniers à cet égard est essentiel pour garantir des produits de la plus haute qualité, sécuriser les consommateurs, instaurer rapidement, le cas échéant, des mécanismes adéquats de gestion de crise et assurer la place de nos produits sur les marchés d’exportation. La réputation internationale du Canada, jusqu’à maintenant sans tache, en témoigne, tout comme la « performance » de nos produits sur les marchés d’ici et d’ailleurs. L’État fédéral, aidé en cela par les provinces, a toujours joué un rôle-clé à l’égard de la salubrité des aliments. À lui d’y apporter une contribution à la hauteur de sa réputation.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)

http://www.cfia-acia.agr.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Commentaires