Un état mexicain et un syndicat canadien signent un pacte de protection

Morelia (Mexique), 24 février 2009 – Les travailleurs migrants de l’État mexicain du Michoacán auront des protections accrues lorsqu’ils arriveront au Canada cette saison, grâce à un accord historique.

Le mardi 24 février, le président national des TUAC Canada, Wayne Hanley, et le gouverneur de l’État du Michoacán, Leonel Godoy Rangel, ont signé un accord de coopération marquant qui vise à assurer que les droits de la personne et du travail des travailleurs agricoles du Michoacán au Mexique soient reconnus et appliqués lorsqu’ils sont à l’oeuvre dans les champs et les serres au Canada.

Il s’agit d’une première de ce genre en Amérique du Nord, où une institution étatique forme un partenariat avec une société civile pour élargir les services et l’aide aux citoyens travaillant à l’extérieur du Mexique. C’est un pacte unique, élaboré à la suite d’initiatives et de consultations entre les autorités exécutives et parlementaires du Mexique, ainsi que les autorités d’État – et les TUAC Canada qui, depuis plus d’une décennie, mènent une campagne revendiquant les droits des travailleurs migrants.

En vertu du pacte, les travailleurs et travailleuses du Michoacán au Canada recevront une aide fournie par les TUAC Canada (Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce Canada) en collaboration avec l’Alliance des travailleurs agricoles (ATA). Les TUAC Canada sont le plus important syndicat du secteur privé au Canada. L’ATA exploite neuf centres de soutien pour travailleurs agricoles à travers le Canada.

Dans le cadre de l’accord, le réseau des centres de l’ATA, dotés de personnel hispanophone, offrira des services d’orientation et d’intervention relatifs aux droits du travail, aux conditions d’hébergement, aux réclamations médicales et autres questions liées au travail.

« L’accord est une amélioration considérable pour les travailleurs du Michoacán », de dire le président Wayne Hanley. « Ils et elles pourront maintenant avoir accès à plus d’information et de services au sujet des lois du travail et de leurs droits au Canada, sachant clairement qu’ils ont pleins droits de le faire et que cela est approuvé par leur propre état. Ceci fera de leur séjour de travail au Canada une expérience meilleure et plus sécuritaire pour eux. »

En plus de jouer un rôle de défenseur, les centres de l’ATA offriront également aux travailleurs du Michoacán des ateliers et des renseignements en matière de santé et de sécurité, de l’aide pour les cas d’indemnisation d’accidents du travail (CSPAAT), des cours de français et d’anglais comme langue seconde, des services de traduction, et l’accès à des téléphones pour appels interurbains.

Les travailleurs qui viennent au Canada dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) – un accord bilatéral de longue date entre le Canada et des pays fournisseurs de main-d’oeuvre tels le Mexique. Historiquement, l’entente du PTAS n’a pas inclu l’apport de commentaires de la part des travailleurs quant à leurs taux salariaux et conditions d’hébergement. De plus, le PTAS n’a pas de processus indépendant, libre de la menace de représailles de l’employeur, pour la médiation des griefs survenant dans le milieu de travail.

« Le PTAS demeurera une liaison importante pour la main-d’oeuvre entre le Mexique et le Canada », résume Hanley. « Nous croyons que le nouvel accord entre le Michoacán et les TUAC Canada peut rendre cette liaison d’autant plus solide en permettant aux travailleurs, leur état de provenance, et leur défenseur au Canada de collaborer afin d’assurer que le programme soit juste, sécuritaire et productif pour toutes les parties intéressées. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC)
http://www.tuac-canada.ca/fr/

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