Une coulée bonne mais inégale dans les érablières

Une coulée bonne mais inégale dans les érablières

En route pour son érablière située à Ormstown, le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, Serge Beaulieu, s’attendait à une bonne journée. Depuis la mi-février, son évaporateur est à l’œuvre et ces temps-ci, il réussit à produire plus que la moyenne.

La situation est toutefois inégale. La première coulée a débuté dans plusieurs régions situées au sud de la province en raison du faible couvert de neige mais les endroits un peu plus en hauteur affichent une production en dents de scie. « Les érablières un peu plus haut dans les terres voient leur production arrêtée à cause de la température alors que des endroits dans les vallées, comme moi où la température diffère de 1 à 2 degrés, coulent beaucoup », indique le président.

C’est d’ailleurs le cas des régions plus à l’est comme Québec et le Bas-Saint-Laurent où les producteurs patientent encore. La situation n’est pas dramatique, même si la saison retarde un peu par rapport au calendrier normal. Comme le fait remarquer M.Beaulieu, les sucres ont eu tendance à débuter plus tard depuis les 3 à 4 dernières années, ce qui n’a pas empêché ces régions d’afficher une bonne production annuelle. « À certains endroits, la saison 2017 s’est terminée au début de mai. La saison pourrait être bonne, pourvu qu’il n’y ait pas de gros coups de chaleur ».

Pour l’instant, la qualité est excellente chez le président de la Fédération avec des coulées de 4 à 5 heures qui résultent en un beau sirop clair. Les conditions sont jugées idéales pour donner ce résultat, soit une météo constante avec des températures au-dessus du point de congélation le jour, suivies par des nuits froides. « J’ai accumulé jusqu’à maintenant 110 barils de sirop et il n’y a aucun défaut de saveur, ce qui est exceptionnel. Habituellement, il y a toujours un petit défaut à cause des coups de chaleur mais pas cette année. ».

Comme de raison, il est encore trop tôt pour se prononcer sur la tournure de la saison 2018. Tout dépendra de la météo des prochaines semaines. Un redoux prononcé pourrait sonner le glas de la coulée.

L’année 2017 a été exceptionnelle au niveau de la production, un résultat attribué en partie sur la technologie qui permet d’être plus performant, explique M.Beaulieu. Interrogé à savoir s’il a remarqué un prolongement de la saison printanière, il remarque en effet que le printemps semble s’étirer depuis quelques années. « On a eu 31 jours de coulée en 2017 alors que c’était avant en moyenne 21 jours. Un printemps plus long est excellent pour nous ». Les acériculteurs profitent en plus des automnes plus cléments qui permettent de faire des travaux dans les érablières.

Finalement, pour paraphraser le président, il est encore tôt pour qualifier la saison 2018 de bonne mais la situation actuelle augure bien.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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