Verte, l’agriculture dans Mékinac

Saint-Tite (Québec), 29 novembre 2006 – Les producteurs agricoles du territoire de Mékinac ont redonné à l’agriculture sa couleur verte au cours des deux dernières années, par l’implantation du Livre de bord Mékinac dans leur entreprise. Le projet étant complété, les résultats obtenus sont des plus concluants et la démarche est en voie d’être transférée à d’autres territoires.

Le Livre de bord Mékinac se distingue avant tout par son origine. Initié par et pour les producteurs en 2005, ce projet novateur se devait de faciliter la gestion administrative des normes agroenvironnementales, dans le but d’obtenir la mise à niveau de la totalité des entreprises agricoles de la MRC de Mékinac. Ainsi, chacune des entreprises agricoles participantes a été rencontrée individuellement pour analyser son niveau de conformité et élaborer un livre de bord adapté aux particularités de chacune d’elles. Ce guide de référence simple et bien vulgarisé contient l’ensemble des réglementations provinciales, régionales et locales et pour chacune, une stratégie d’action est proposée de façon à s’y conformer.

Le Livre de bord Mékinac a créé une forte mobilisation et un dynamisme collectif chez les producteurs agricoles, qui, par leur prise en mains, ont permis à Mékinac de devenir la première MRC agricolement verte au Québec. « Il s’agit là d’un incitatif pour l’ensemble des secteurs du territoire à emboîter le virage vert », a mentionné le président du Syndicat de l’UPA de Normandie, monsieur Éric Veillette.

Au cours de la première année, une participation volontaire de 35 entreprises était visée, sur un potentiel de 72, alors que la participation réelle a été de 65 entreprises. En 2006, c’est avec un taux de participation de 92 % que le projet se conclut. Parmi les entreprises n’ayant pas participé au Livre de bord Mékinac, plusieurs étaient déjà conformes à l’ensemble des normes agroenvironnementales et des partenaires du secteur privé en assurent le suivi.

L’impact du Livre de bord Mékinac est palpable en ce qui a trait au taux de couverture élevé des superficies en culture des municipalités impliquées, soit Hérouxville, Saint-Adelphe, Sainte-Thècle, Saint-Séverin et Saint-Tite. Leur zone agricole active est couverte à plus de 68 % par la démarche agroenvironnementale et une couverture de près de 90 % est atteinte dans les municipalités de Saint-Séverin et de Hérouxville.

L’intégration du Livre de bord Mékinac a permis la mise à niveau à l’ensemble des normes agroenvironnementales, tout en simplifiant l’utilisation et la compréhension de certaines données, qu’il s’agisse du plan agroenvironnemental de fertilisation, du bilan phosphore, de la gestion des amas aux champs et des analyses de fumier ou encore du plan d’accompagnement en agroenvironnement (PAA). Par exemple, dans ce dernier cas, le Livre de bord Mékinac a permis d’accélérer la conformité des entreprises agricoles de Mékinac à ce niveau. Au début de l’année 2005, seulement 38 % des entreprises participantes possédaient un PAA, soit 25 entreprises sur 66, alors que le taux de conformité est désormais de 100 %.

Il va sans dire que les producteurs agricoles participants ont développé une sensibilisation agroenvironnementale; depuis la mise en oeuvre du projet, une augmentation du nombre de participants lors de formations ou de journées de démonstration concernant l’agroenvironnement a été notée. Un engouement collectif est maintenant perceptible par la mise à jour des nouvelles pratiques culturales, sans compter les initiatives terrains effectuées par les participants.

Comme quoi le projet-pilote du Livre de bord Mékinac s’est révélé un outil efficace et transférable, dès 2007, il sera implanté et utilisé par l’ensemble des producteurs agricoles de la MRC des Chenaux. Des démarches sont également en cours avec la Fédération de l’UPA du Centre-du-Québec pour y intégrer le concept et plusieurs autres territoires ont manifesté un intérêt marqué. Dans Mékinac, le projet ne s’arrête pas là, il continuera de cheminer grâce à l’intervention de partenaires, tels que le Club Lavi-Eau-Champ.

Mise de l’avant par le Syndicat de l’UPA de Normandie, cette première en agroenvironnement au Québec a reçu un appui financier, politique et technique des élus municipaux et de l’ensemble des intervenants, dont le Centre local d’emploi de Sainte-Thècle, le Centre local de développement Mékinac, la MRC de Mékinac, la Fédération de l’UPA de la Mauricie, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation au Québec et le Club Lavi-Eau-Champ. Définitivement, ce partenariat local et agricole a grandement contribué à l’amélioration de la cohabitation entre les agriculteurs et les autres citoyens présents dans nos campagnes.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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