Vigueur sur le marché des terres

Au cours des six premiers mois de l’année, la valeur des terres agricoles au Canada a connu sa plus forte augmentation moyenne (8,6 %) depuis 1984. Le Québec n’y échappe pas (6,7 %), mais c’est surtout en Ontario que le marché des terres agricoles est en plus forte ébullition (16,3 %).

Ces données proviennent du rapport Valeur des terres agricoles – Automne 2012, publié cette semaine par Financement agricole Canada (FAC).

Pour le Québec, la hausse moyenne de 6,7 % de la valeur des terres agricoles de janvier à juin marque une accélération par rapport aux deux semestres précédents, lors desquels des augmentations de 4,3 % et 4,4 % avaient été observées.

Le rapport de FAC note que les augmentations ont été observées dans l’ensemble de la province. Des hausses très importantes ont été constatées dans Chaudière-Appalaches (Lévis, Beauce, Bellechasse), en dépit des déboires de l’industrie porcine dans cette région.

On note également que le volume et la qualité très élevés des récoltes de maïs et de soya en cours dans un rayon de 100 km de Montréal pourraient avoir un impact sur le prix des terres au cours des prochains mois.

L’Ontario et l’Ouest
En Colombie-Britannique, la valeur des terres a reculé de 0,3 %. Elle a cru au Manitoba (10,3 %), en Saskatchewan (9,1 %) et en Alberta (5,7 %).

C’est sans contredit en Ontario que les terres agricoles sont les plus convoitées. Il y aurait souvent plus d’une offre sur une même terre à vendre, ce qui contribue à créer un marché à l’avantage des vendeurs. Plusieurs propriétaires qui louaient leurs terres ont décidé de les vendre.

La hausse de 16,3 % en Ontario au premier semestre de 2012 est la plus forte enregistrée depuis 1996. Dans certaines régions, on a constaté un nombre record de transactions. La demande serait particulièrement forte de la part de producteurs laitiers, qui cherchent à agrandir leurs terres à défaut que du quota soit disponible pour achat.

D’après Jean-Philipe Gervais, économiste principal à FAC, la hausse de la valeur des terres agricoles est le résultat de deux facteurs principaux : les bas taux d’intérêt et les recettes élevées qu’engrangent actuellement les producteurs de grandes cultures.

Dans cette vidéo, Jean-Philippe Gervais affirme qu’il ne prévoit pas de correction importante dans la valeur des terres agricoles au cours des prochains mois. De plus, plusieurs économistes s’entendent pour dire qu’il n’y aura pas d’augmentation des taux d’intérêt d’ici le milieu de 2013.

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