Volailles : Les négociations de Washington sur l’embargo russe dans l’impasse

France, 21 mars 2002 – Moscou bloque toujours l’accès du territoire russe aux exportations américaines de volailles. Malgré les efforts déployés par les États-Unis, les négociations sont au point mort. Pourtant une délégation de douze américains s’est rendue sur place et a passé plus d’une semaine à tenter de convaincre les autorités russes de lever leur embargo. Le ministre de l’Agriculture, Alexei Gordeyev refuse de changer de position tant que l’administration américaine n’aura pas imposé de nouvelles règles sanitaires aux exportateurs.

L’affaire a commencé début mars, lorsque les vétérinaires russes ont affirmé avoir décelé la présence de salmonelles (bactéries responsables d’intoxications alimentaires) dans neuf lots de volailles importées d’Outre-Atlantique et actuellement consignés dans le port de Saint-Petersbourg. Pour les Etats-Unis, « il s’agit là de rétorsions » et toute cette affaire est liée à la décision de Washington d’imposer une surtaxe de 30% à l’importation sur l’acier. Une mesure destinée à protéger la sidérurgie américaine en difficulté, qui coûterait de 400 à 500 millions de dollars par an à Moscou.

Les Etats-Unis sont depuis plus de dix ans le premier fournisseur de viande de volailles à la Russie, qui est pour l’industrie avicole américaine un marché d’une excellent rapport sur lequel elle exporte des morceaux dont le consommateur américain ne veut pas. Les volailles ayant déjà été rentabilisées par la vente sur le marché américain, les exportateurs proposent les morceaux exportés en Russie à très bas prix, excluant ainsi aisément la concurrence.

Les Etats-Unis ont exporté 1 million de tonnes de volailles en Russie en 2001, soit 40% de leurs exportations totales de volailles et 20% des exportations américaines tous secteurs confondus sur cette destination. En moyenne, leurs ventes annuelles totalisent entre 600 et 800 millions de dollars sur ce marché, qui s’est ouvert après l’effondrement du communisme et celui de la production locale au début des années 90.

Source : Les Échos

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