Cap sur la lutte intégrée (suite)

Le 10 juillet dernier, le Pôle d’excellence en lutte intégrée, lié au CLD des Jardins de Napierville, organisait une journée portes ouvertes sur des fermes, en Montérégie, qui pratiquent la lutte intégrée. Une occasion pour plusieurs de découvrir les avancées dans le domaine.

punaisePunaise soldat

Le doryphore est le principal ravageur de la pomme de terre. Un moyen existe pour le contrôler sans utiliser d’insecticides : introduire des punaises soldats. La punaise est une espèce indigène très vorace et dès son introduction au champ, la population chute drastiquement. Son introduction peut se faire manuellement avec un pinceau ou mécaniquement avec la machine sur cette photo.

Il est important d’introduire les punaises au bon moment, soit dans le pic de ponte des doryphores. Si elles n’ont rien à manger, les punaises quittent le champ sans faire le travail. À la Ferme Thibert et fils, en Montérégie, l’introduction a eu lieu le 26 juin 2013. Lors du dépistage la semaine suivante, les punaises étaient déjà à l’attaque des larves de doryphores. Si l’introduction est faite à temps, le champ n’aura pas besoin de traitement foliaire. Pour le moment, les punaises font l’objet d’un projet de recherche mené par le MAPAQ et l’Université Laval sur trois sites en Montérégie. Une punaise par plant de pommes de terre a été introduite en 2013. En bordure des champs, où la pression est plus forte, plus de punaises ont parfois été ajoutées. Les punaises ont été acquises en Colombie-Britannique au coût de 0,55 $ la punaise. Bien que cette méthode ne soit pas encore compétitive par rapport au traitement insecticide, elle est très efficace.

Confusion sexuelle contre le carpocapse

confusionLa confusion sexuelle pour lutter contre le carpocapse est une autre méthode de lutte intégrée testée présentement en Montérégie. Les larves de carpocapse grignotent les pommes dans les vergers et causent bien du souci aux producteurs. Pour prévenir l’accouplement de cet insecte et la prolifération de sa population, on joue avec les hormones sexuelles femelles. On utilise des diffuseurs qui justement diffusent des phéromones, l’hormone sexuelle femelle. Ainsi, le mâle attiré par cette hormone se retrouve non pas en compagnie d’une femelle, mais bien d’un diffuseur. Cette méthode est utilisée sur 162 000 ha dans le monde et sur 77 000 ha en Amérique du Nord.

Au Québec, un premier projet de recherche a testé la méthode sur 15 ha. En 2013-2014, elle a été mise à l’essai dans un programme de lutte intégrée sur 65 ha. Une dizaine de producteurs participent au projet. Les diffuseurs ont été placés de façon uniforme dans les vergers afin qu’il n’y ait pas de zone « sans phéromones ». Ils sont disposés en haut des arbres et peuvent rester en place pendant l’hiver. Toutefois, il convient d’apporter une attention particulière lors de la taille des arbres. Jusqu’à présent, les chercheurs ont trouvé que la méthode fonctionnait mieux quand la population de carpocapses était de moyenne à faible. Le coût : 500 diffuseurs/ha et 438 $/ha.

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à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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