Pour un travail réduit en étable

Publié dans Le Bulletin des agriculteurs d’octobre 2010

L’automatisation des opérations à l’étable simplifie le travail et permet de se concentrer sur les animaux plutôt que sur les tâches.
par Marie-Josée Parent, agronome

Automatiser l’alimentation lorsque l’ensilage est entreposé en silos-couloirs, il fallait y penser. C’est l’exploit que les Frigon de la ferme Genevoise, de Sainte- Geneviève-de-Batiscan, ont réalisé. Déjà, ils avaient installé un toit sur les silos-couloirs, une innovation. Le Bulletin des agriculteurs vous a présenté cette innovation dans le numéro de juillet-août dernier, à la page 30. Au-delà de l’entreposage de l’ensilage et de l’alimentation, l’étable en elle-même vaut le détour puisqu’elle est bâtie sur cave profonde. La traite et le nettoyage des allées sont également automatisés.

Après un an d’utilisation, les Frigon sont satisfaits de leur étable à stabulation libre. « Ça va très bien, explique Sylvain Frigon, associé à ses parents, Normand et Monique. Nous travaillons autant qu’avant, mais notre travail est réparti différemment. On fait plus de gestion. » Monique renchérit : « C’est moins dur physiquement. Je suis capable de m’occuper toute seule de 85 vaches. » Selon l’ingénieur Yves Choinière, de l’entreprise de consultants qui porte son nom, c’est une des fermes laitières les plus automatisées qu’il connaisse. Et, puisqu’une image vaut mille mots, voici une visite en photos.

Ferme Genevoise
Propriétaires : Normand, Monique et Sylvain Frigon
Lieu : Sainte-Geneviève-de-Batiscan, Mauricie
Étable : 120 places, deux robots de traite, cave profonde, robot nettoyeur, entrées d’air modulaires et naturelles, ventilation tunnel
Alimentation : RPM automatisée (toutes les quatre heures) et moulée aux robots

Après l’incendie qui a détruit en juillet 2008 l’étable, la remise à foin et les silos, les Frigon ont décidé d’opter pour des silos-couloirs. Ingénieux, Sylvain a pensé à automatiser ce qui semble impossible à faire. Il a recyclé deux chariots à ensilage qui n’étaient dorénavant plus nécessaires. Il les a fixés dans l’aire de préparation de la ration partielle mélangée (RPM) et les a reliés au mélangeur par convoyeur.

L’aire de préparation de la RPM est ingénieuse. Un ancien chariot à ensilage contient l’ensilage de maïs et l’autre, l’ensilage de foin. Sylvain les remplit aux deux jours. Six fois par jour, soit aux quatre heures, nuit et jour, la quantité nécessaire pour la ration des vaches est dirigée automatiquement au mélangeur. Les grosses balles carrées de foin nécessaires pour trois jours sont placées sur un convoyeur. Les cordes sont coupées de telle sorte que les balles peuvent, par la suite, être dirigées automatiquement vers le mélangeur selon la recette. Sylvain ne fait plus qu’une opération aux deux jours pour l’ensilage et qu’une aux trois jours pour le foin.

La ration est dirigée vers les vaches par convoyeurs. « Nous avions ça également dans l’autre étable, raconte Sylvain Frigon. En stabulation libre, ça aide de nourrir plusieurs fois par jour pour les vaches dominantes et les dominées. Aux quatre heures, la dominante ne viendra peut-être pas manger et ça laissera de la place pour la dominée. » L’alimentation fréquente permet aussi de réduire la longueur de la mangeoire.

Libres de se déplacer dans l’étable, les vaches sont traites par deux robots. Ceux-ci peuvent traire jusqu’à 120 vaches, mais le nombre total de vaches de la ferme est moins élevé, soit environ 85. Pour faciliter l’adaptation à la stabulation libre, les Frigon ont acheté de jeunes vaches habituées à la stabulation libre et au robot. Les vaches ont aussi accès à des brosses.

Construite sur fosse profonde, l’étable de 84 pieds par 254 est munie d’un plancher latté recouvert de caoutchouc. La cave a 8 pieds de profondeur sous l’étable et 12 pieds à la reprise du lisier. À elle seule, la cave représente un investissement de 500 000 $. Le nettoyage du plancher est effectué par un robot dont le parcours est programmé à l’avance. « Ça prend ça ! », insiste Sylvain Frigon. Le robot évacue le fumier, ce qui aide à diminuer la présence de piétin dans le troupeau. Les logettes et les vaches sont plus propres. Le comptage des cellules somatiques est plus bas. Il y a donc moins de risques de mammite.

L’entrée de l’air s’effectue de deux façons : mécanique et naturelle. Les entrées d’air modulaires assurent le minimum de ventilation. Les entrées d’air naturelles apportent l’air d’appoint. Au besoin, les portes s’ouvrent à pleine capacité pour faire entrer un maximum d’air. Les huit ventilateurs, deux de 50 pouces et six de 72 pouces, sont installés à une extrémité pour assurer une ventilation de type tunnel.

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