Repenser notre fertilisation (suite et fin)

Le type de sol et le climat sont-ils les seuls critères pour adapter nos recommandations de fertilisation?

Brad Joern : Dans nos recherches, nous tentons d’établir la réponse à la fertilisation sur les mêmes types de sol, dans les mêmes climats. Je travaille actuellement sur un modèle qui nous prédit aussi la disponibilité des intrants appliqués par le producteur en tenant compte de la topographie du champ et des événements météorologiques importants. Lors d’une grande pluie, par exemple, le ruissellement et l’infiltration de l’eau varient selon la pente et cela influe sur la disponibilité des éléments nutritifs.

Actuellement, les recommandations d’azote sont basées sur des réponses moyennes sur plusieurs années. S’il pleut beaucoup une année, il y aura des pertes. On ne devrait pas faire la même application que lors d’une année sèche.

Chaque producteur a son propre système de culture (travail du sol, rotations, amendements minéraux et organiques). À mon avis, ça n’a aucun sens qu’on en arrive à des recommandations qui sont supposément adaptées à tous ces systèmes.

Les producteurs ont aussi différents objectifs de fertilisation, qui varient en fonction de leurs liquidités, des prix des intrants et des grains et des résultats de leurs analyses de sol. Et si leurs terres donnent plus de rendements que celles de leurs voisins, ils ne devraient pas être contraints de s’en tenir aux mêmes recommandations de fertilisation.

Pouvez-vous nous expliquer les concepts de build-up, maintenance et sufficiency?

Brad Joern : L’idée est d’en arriver à un échantillon de sol dont les résultats soient optimaux pour la culture la plus exigeante dans la rotation. Si l’échantillon de sol révèle une déficience, le producteur appliquera de cet élément en plus grande quantité que les besoins de la culture pour l’année en cours (build-up), afin d’atteindre d’ici quelques années le seuil optimal (sufficiency).

Nos recommandations devraient pouvoir s’ajuster aux objectifs du producteur. Souhaite-t-il maintenir les résultats de son échantillon de sol au même niveau (maintenance) en fertilisant en fonction de ce que la culture prélève, se « bâtir une réserve de sol » en fertilisant plus, ou plutôt s’abstenir d’appliquer des engrais en une année où leurs prix sont particulièrement élevés?

Pour lire l’article au complet, consultez Le Bulletin des agriculteurs de janvier 2013.

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