Réussir sa luzerne (suite et fin)

Chaulage et fertilisation
Julie Duquette suit Marie-Antoine Roy depuis une quinzaine d’années. D’après elle, c’est l’attention équivalente qu’il porte à ses champs et à ses animaux qui explique sa réussite. « Il a compris que pour avoir du rendement avec ses animaux, il devait travailler sur ses champs. »

Aucun compromis sur le pH. À chaque année, on épand quelque 400 tonnes de chaux. « Si ton pH n’est pas au moins à 6,8, oublie ça : tu vas réussir une récolte de luzerne ordinaire », affirme Marie-Antoine Roy.

Le pH eau a une influence directe sur le rendement et sur la disponibilité des éléments fertilisants. La potasse qu’a tant besoin la luzerne ne sera disponible qu’à 52 % dans un sol au pH de 6,0.

L’acidité de ses sols étant maîtrisée au maximum, Marie-Antoine Roy offre à ses luzernières (55 % luzerne, 45 % mil, avec un peu d’alpiste roseau) une fertilisation optimale : du fumier de mouton riche en potasse au printemps, un deuxième épandage de fumier après la première coupe et de la potasse granulaire après la deuxième coupe.

« Il ne faut pas négliger la fertilisation de la luzerne, dit-il. Si tu fais trois coupes, ça prend trois fertilisations. Une plante te redonne toujours ce que tu lui donnes. C’est la même chose avec nos moutons, à qui on donne une bonne alimentation. »

Marie-Antoine Roy s’est notamment équipé d’un épandeur porté (sur le trois points à l’arrière du tracteur), pour plus de précision au champ et de flexibilité avec le moment de l’épandage d’engrais granulaire, dans chacune de ses cultures.

Longue rotation

La rotation se compose généralement de cinq années de luzerne, deux années de maïs, suivi d’orge dans lequel est implantée la luzerne en même temps. Le sol est travaillé de façon conventionnelle. Sur les 120 hectares de maïs, le tiers est en maïs-grain, le reste en maïs-ensilage.

L’effet des cinq années de luzerne, suivies d’un labour, se reflète sur les deux récoltes de maïs qui suivent. Si du maïs est semé pour une troisième année, son rendement diminue de 10 à 15 %.

Ensemble, les deux bergeries sont complètement autonomes pour la machinerie. Les travaux se font au meilleur moment, pour éviter de compacter le sol. La troisième et dernière récolte de fourrages se fait après le premier gel.

Lisez l’article au complet, avec illustrations, dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2013.

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