Vaches laitières : tout ensilage : oui, mais…

Tout ensilageCertains paramètres doivent être respectés pour ne pas affecter à la baisse le taux de gras du lait. L’utilisation d’ensilages comme seuls fourrages dans la ration totale mélangée (RTM) exige plus de rigueur et de constance à la mangeoire, en plus d’un suivi alimentaire du troupeau plus pointu. Les facteurs de risques d’une chute du taux de gras du lait sont nombreux et les interactions entre ces facteurs rendent la vie du conseiller en alimentation beaucoup plus compliquée lors de l’équilibre de la RTM. Les paramètres à surveiller sont la quantité et la dégradabilité de l’amidon, la quantité de fibre, sa longueur et le type de fourrage utilisé, la quantité et la forme de gras dans la ration, la gestion de la mangeoire, etc.

L’amidon : à doser avec prudence

L’amidon des grains n’est pas un nutriment essentiel pour les vaches, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas de besoin spécifique pour cette composante. Par contre, l’amidon est une source d’énergie très concentrée. Fréquemment, les bonnes laitières en début de lactation ne consomment pas suffisamment d’énergie, perdent du poids et leur taux de conception chute. La tentation est alors forte de servir une plus grande proportion d’amidon dans la RTM pour éviter les pertes de condition de chair observées après le vêlage. Il faut cependant demeurer prudent, comme démontré dans l’expérience suivante.

Dans cette étude, des vaches en début de lactation ne recevaient pas de foin, mais uniquement un mélange d’ensilages de maïs et de luzerne comme seuls fourrages. Les résultats présentés dans le tableau démontrent que la production laitière est augmentée avec une plus haute teneur en amidon dans la RTM. Par contre, la situation s’est inversée au niveau du gras du lait, car il y a une baisse importante et significative pour les rations à haute teneur en amidon, comparativement aux deux autres rations contenant moins d’amidon. De plus, le maïs humide, dont la dégradabilité de l’amidon est plus élevée que le maïs moulu dans les RTM riches en amidon, a occasionné une chute encore plus drastique du gras du lait (en rouge). Ces vaches recevant ces taux très élevés d’amidon ne produisent pas plus de kilogrammes de gras que celles recevant une ration plus fourragère. En plus, les vaches recevant le maïs-grain humide produisent moins de gras que les autres groupes. Cette expérience démontre donc que la teneur en amidon de la RTM et la dégradabilité de cet amidon sont toutes deux des facteurs importants à prendre en considération dans l’équilibre de la ration.

TableauSource : Journal of Dairy Science

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