Bien choisir sa semence

Même si les résultats de notre saison s’annoncent moches, on sème nos couverts végétaux

Au départ on avait tendance à sortir de vieux réflexes. Tsé le vieux réflexe de la gestion de la chaux. « L’année n’est pas bonne, donc on applique pas de chaux! » Méchant réflexe mal calculé qui nous projetait d’autres effets négatifs à long terme sur les performances aux champs. C’est fini ce temps là! Alors je me dis que c’est la même chose pour nos couverts végétaux.

C’est un investissement sur la santé de nos sols. Je dois aller plus loin que de me poser la question « Comment vaut ta graine? » Ça dépend! Est-ce que je veux une petite travaillante? Une grosse imposante? Une curieuse? On a plusieurs choix. Des plantes qui couvrent, qui prennent, qui donnent ou d’autres qui assurent une certaine biodiversité tout en ajoutant un effet protection ou esthétique.

Bonne couverture, bonne diversité. Succès garanti.
photo: Paul Caplette

Premièrement, si nos objectifs sont d’obtenir un couvert imposant et efficace, ça prend des cultures courtes dans ma rotation. Je considère que de la mi-juillet jusqu’à la fin août on peut investir sur d’excellents mélanges avec de fort potentiel. Si l’année est moins bonne on peut planifier des mélanges simples et efficaces. Quand arrive la mi-septembre on y va en utilisant nos « touski » (reste de semences de fond de silo en ajoutant des plantes rapides qui ne sont pas trop dispendieuses). On se concentre sur la couverture du sol. J’aime bien tenir compte du nombre de grains par kg des différentes semences qu’on utilise.

Exemple niaiseux : du soya comme « touski ». Du soya ordinaire à 0.50$ par kg contient environ 5000 grains. Tant qu’à y être j’aime mieux utiliser du natto a 0.80$ du kg qui me donne 12 500 grains.

Couvert 22 jours : pois fourragé, soya, blé, radis, trèfle. Ce couvert devrait pomper assez d’énergie pour réussir d’excellents rendements pour 2021.
photo: Paul Caplette

Le soya, le radis, le blé et  l’avoine sont des plantes qui décollent très rapidement si on est serré dans le temps, tandis que les pois, les fèveroles et la vesse sont un peu plus lents, mais offrent d’autres avantages : ils donnent d’important gain d’azote pour la culture suivante, tandis qu’un radis, par exemple, est une plante qui couvre et qui prend. Plante idéale si on a des épandages de fertilisants organiques à retenir dans le sol. Si on parle de couverture, imaginez ajouter 2-4 kg/ha de radis fourragé (94 000 grains par kg) dans un mélange. Ça fait du monde en surface et en plus ça continue de pousser tard l’automne.

On planifie notre mélange pour atteindre différentes fonctions préalablement choisies. Capter les éléments nutritifs, croissance rapide, croissance au froid, captation de la neige, captage de l’azote de l’air, nourriture pour les micro-organismes, exploration en profondeur de différents types de racines. On fait donc notre choix en fonction de nos priorités.

 

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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