Du financement pour améliorer le rendement de la luzerne

Deux projets de recherche lancés du Québec visent à mieux comprendre les clefs de la réussite dans cette culture.

De gauche à droite: Marie-Claude Bibeau-ministre de l'Agriculture, Viacheslav I. Adamchuk, Ph.D., P.Eng., P.E., Professeur, Bioresource Engineering Department, McGill University, Maxime Leduc, Ph.D., Agr. consultant, Louis Dionne, Directeur Coordination Services-Conseils
Md Saifuzzaman, Chercheur Post-doctoral, Bioresource Engineering Department, McGill University
Krystal Coddington, agr., Agronome participant au projet, Club en Agroenvrionement de l’Estrie
Cedric Macleod,  Directeur , Canadian forage Grassland Association
Marie-Antoine Roy, Producteur ovin et co-propriétaire de la ferme ovine

Deux projets de recherche dotés d’une enveloppe de près de un million de dollars chacun se pencheront sur les causes des pertes de rendement dans la luzerne, le tout dans le but de développer un outil pour soutenir les producteurs dans la gestion de leurs prairies. L'annonce a été faite lundi dernier par la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau.

Déjà en cours, le premier projet recueillera pendant les prochaines années des données sur 620 sites avec l’aide de 20 agronomes et la participation de 76 fermes du Québec. Se joindront également quatre autres agronomes et huit sites de collecte de données situés en Nouvelle-Écosse. Une partie de la somme alloué au projet servira à l’achat et l’installation de stations météo.

Le second projet vise pour sa part à mieux comprendre les causes de mortalité hivernales dans les luzernières en utilisant entre autres les images tirées des satellites. Les zones étudiées sont dans ce cas-ci plus étendues. Les 2144 sites sont répartis au Manitoba, en Ontario, ainsi qu’au Québec. Un groupe de 32 agronomes seront impliqués dans ce projet qui utilisera également des drones.

Les deux projets sont d’une durée de trois ans, soit de 2021 à 2023. Dans chacun d’eux, un étudiant au post-doctorat analysera les données avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Maxime Leduc, chercheur postdoctoral en agronomie et impliqué dans les deux projets, explique qu’actuellement, aucun outil ne permet aux producteurs ou aux agronomes de les aider dans leur prise de décision. « Quand il y a perte de rendement dans la luzerne, on ne sait pas trop pourquoi en ce moment. Est-ce que c’est la météo, les techniques de fauche, l’épandage de fumier ou un autre facteur? On ne le sait pas. Le projet va nous aider à analyser les fourrages et d’autres données (agronomiques, pédologiques et climatiques) afin de valoriser ce que les producteurs et les agronomes observent déjà. »

M.Leduc aimerait à terme voir dans la luzerne ce qui se fait dans le lait. « Ce qu’on souhaite développer c’est un outil diagnostic. En ce moment, il y a tellement de facteurs en jeu qu’on ne sait pas vraiment ce qui cause les pertes de rendement ».

Pour ce qui est de la mortalité de la luzerne, la raison de l’étude est bien simple : il s’agit d’une problématique de plus en plus importante, surtout qu’elle vise la vivace la plus cultivées au Canada. Ce dernier élément explique également la raison pour laquelle la luzerne s’est imposée comme sujet d’étude dans les deux projets. Dès février et mars, les images provenant de drones et de satellites seront utilisées à partir du moment de la fonte des neiges pour mieux comprendre les pertes suite à l’hiver et évaluer le taux de survie, entre autre en comptant le nombre de tiges.

À l'issue des trois années de recherche, Maxime Leduc souhaiterait voir une application mobile être développée à partir des données collectées. Pour le moment, 2024 est ciblée pour une sortie graduelle de l’application. Et si le concept se vérifie, il n’est pas exclu que d’autres vivaces pourrait faire l’objet d’études semblables, ajoute le chercheur.

L’entreprise Logiag collabore au projet, ainsi que l’Association canadienne pour les plantes fourragères. La possible commercialisation d’une application sera confiée à une autre entreprise.

Captation du carbone dans les prairies

Une autre annonce a été faite par la ministre de l’Agriculture Marie-Claude Bibeau. Le gouvernement veut soutenir l’élaboration d’un système d’assurance permettant aux agriculteurs de produire et de vendre des crédits d’émission de carbone. Ce projet est doté d’une enveloppe pouvant atteindre 621 572$. L’Association canadienne pour les plantes fourragères a indiqué prévoir que plus de 5 000 hectares de prairies canadiennes pourrait être seront protégés par des accords de conservation des terres et que 10 000 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (t éq. CO2) seraient économisées grâce à des crédits d’émission de carbone vérifiés par une tierce partie.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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