A vos marques, prêts… dépistez !

Herse peigne Cura ST de Horsch

*Dans certaines régions, le printemps sec que nous avons connu cette année a affecté les implantations de prairies du printemps. Certes, il ne faudrait pas généraliser, étant donné que le territoire est vaste et que les conditions sont grandement variées, parfois même d’une ville à l’autre. Quoi qu’il en soit, si ce n’est pas déjà fait, il est temps d’aller marcher vos implantations et voir ce qui a poussé. De manière générale, les légumineuses ont plus de facilité à s’implanter en temps sec alors que les graminées ont la vie beaucoup plus difficile. Il n’est pas rare de marcher des luzernières sans aucune graminée.

Quoi faire s’il manque de population?

Règle générale, l’automne est un moment propice pour sursemer un champ. Ayant du temps pour s’implanter avant la fin de saison, les plantes seront ainsi prêtes à produire du volume au printemps. Les légumineuses nécessitent un minimum de 6 semaines de croissance avant la première gelée mortelle, afin de maximiser leur survie à l’hiver. Force est de constater qu’il est déjà trop tard pour certaines régions où les risques de gels peuvent survenir dès la mi-septembre. Les graminées ayant un système racinaire fasciculé différent des légumineuses, elles nécessitent pour leur part un minimum de quatre semaines de croissance.

Par contre, nous vivons à l’heure actuelle une autre période chaude et sèche et bien qu’on mette les semences en terre à temps en fonction du nombre de semaines nécessaires, elles doivent pouvoir germer ! Étant donné l’investissement que comporte un sursemis, il est important de bien réfléchir à nos actions. Si la pluie ne revient pas à temps, mieux vaut remettre cette opération au printemps.

Quoi semer ?

Lors d’un sursemis, si vous souhaitez plus de graminées, il est préférable de choisir des espèces ayant une bonne force de concurrence. Le festulolium, la fétuque, le raygrass vivace et le dactyle en sont de bons exemples. Le brome, qui s’implante plus lentement et difficilement en présence de concurrence, est plus risqué. Si la population en luzerne n’est pas suffisante, il est encore approprié d’en ajouter.

La première année de production est le dernier moment pour effectuer un sursemis dans une luzernière existante. Par la suite, le phénomène d’autotoxicité est trop fort. Il est à ce moment possible de semer du trèfle rouge. Le taux de semis variera en fonction de la population du champ. Si le semis est fait à la volée, il est préférable de passer un outil de travail de sol pour gratter le sol après le semis afin de favoriser l’implantation. Un peigne ou une herse à pâturage pourrait être utilisés.

Je vous souhaite un bel automne et de belles récoltes !

* Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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