Bilan de mi-saison: Un rattrapage bienvenu

Les cultures semblent s'en tirer pas si mal selon les parcelles du RGCQ

Après un départ moins qu’heureux au Québec, comment se comporte les cultures dans l’ensemble de la province? Dans la dernière semaine, les coordonnateurs des essais du Réseau grandes cultures du Québec (RGCQ) ont fait le tour des parcelles pour évaluer l’état des cultures. Du bon et du moins bon a été observé selon le type de culture et la région mais à plusieurs endroits, les effets des conditions difficiles du printemps continuent d’affecter la croissance, surtout dans le maïs. Voici un tour d’horizon de ce que les coordonnateurs ont observé sur le terrain.

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Blé

Dire que le dernier hiver a été dur pour le blé d’automne dans la région de Montréal serait un euphémisme. “Rien n’a survécu dans la zone 1. Je n’ai jamais vu ça en carrière. Tout a été détruit. Même le seigle qui survit quand même dans les conditions difficiles n’a pas passé l’hiver”, relève Denis Marois, coordonnateur du RGCQ. Ailleurs, le blé d’automne s’en tire plutôt bien, avec un taux de survie acceptable avoisinant les 70 à 80%.

Les nouvelles sont tout autres pour le blé de printemps, mais diffèrent encore selon les régions. Un certain manque d’uniformité est notable qui se manifeste par un effet de vague dans le champ. La paille est toutefois courte en raison du temps sec dans le sud de la province. “On ne s’attend pas à de gros rendements”, résume M.Marois. Ailleurs, les observations sont meilleures, dont au Saguenay et en Gaspésie. Au Lac-Saint-Jean, le blé est très beau et les cultures ne montrent pas de retard par rapport au calendrier habituel, bien que les plants soient un peu plus courts également.

Le canola et le lin affichent aussi une bonne réponse aux conditions de la saison 2019. Même le canola qui en arrache habituellement sur la rive-sud de Montéral s’en tire très bien. “Le canola sur notre site de Beloeil est très, très beau. Il semble avoir aimé les conditions fraiches du printemps. C’est habituellement l’espèce avec laquelle on a le plus de problème. Le canola est une plante fragile avec de petites graines mais il a eu une bonne germination cette année”, remarque le coordonnateur.

Si le rendement pourrait être problématique cette année, M.Marois indique qu’il pourrait en être autrement de la qualité dans le blé de printemps. “Ça pourrait être surprenant cette année. La qualité devrait être bonne aussi pour les céréales d’automne.”

Soya

Problème de faible population, de germination et de croissance, le début d’année n’a pas été facile pour le soya. Mais tout comme en 2018, la fève répond bien pour l’instant aux conditions chaudes en place depuis le début de juillet. “Les plants affichent beaucoup de retard, soit environ deux semaines. Mais malgré des problèmes observés, les plants sont en santé en général.” En raison du temps chaud et sec, les inquiétudes quant aux insectes se sont dissipées. M.Marois n’a pas observé de puceron du soya et la sclérotinia n’est pas non plus présente, les spores ayant besoin de conditions froides et humides pour se développer. “Le soya aime bien la chaleur, comme on l’a vu l’an dernier. Les conditions n’ont pas été facile au début avec des nuits à 5 degrés Celsius mais la survie est bonne en moyenne à 80-85%. Le soya est une espèce branchue et avec la croissance, il va compenser le retard accumulé.” Malgré la présence de mauvaises herbes, les plants ont plutôt bien répondu aux traitements qui ont été faits.

Maïs

Le maïs aussi a eu la vie dure. Tout comme le soya, la céréale affiche un retard certain de croissance sur le calendrier habituel. Les plants affichent toutefois une bonne croissance qui est limitée par le temps sec.  “Avec une bonne pluie, il devrait exploser.” Le temps froid du printemps a causé une levée inégale qui s’observe dans plusieurs champs.

Denis Marois n’a pas observé de différence dans les cultures lié aux différents types de travaux au sol. Un problème pourrait toutefois se manifester dans les champs est la compaction due aux passages de la machinerie dans les champs trop humide. Plusieurs producteurs ont dû également vider leur fosse à fumier qui risquait de déborder au printemps et épandre dans des conditions moins qu’idéales.

Mais on somme, le coordonnateur du RGCQ estime que la province s’en tire tout de même bien. “On est gâté par rapport aux États-Unis et l’Ontario. En Ontario surtout, les conditions sont difficiles depuis plusieurs années”.

Ne reste plus qu’à voir ce que réservera le reste de cette année particulière pour les cultures. La date de la 1re gelée mortelle aura un impact important sur les rendements de cette année. Le RGCQ fera pour sa part son premier essai de blé d’automne bio. “Les premiers semis auront lieu à l’automne 2019 dans la région de Victoriaville”.

Pour apprécier l’écart entre 2018 et 2019, l’agence QT Weather de Chicago a présenté ce tableau. Le sud de la province est nettement désavantagé par rapport à l’année dernière.

 

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à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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