Bonne année pour le foin de commerce en Estrie

La région a moins souffert de la sécheresse

La Journée portes ouvertes sur le séchage du foin tenue le 14 août 2019 à la ferme Martinhel de Coaticook en Estrie a permis à la cinquantaine de participants de constater que la production de foin de commerce a la cote. L’Estrie est une région choyée à ce niveau avec des terres qui se prêtent bien à cette culture, un climat propice et la proximité de la frontière avec les États-Unis.

La ferme Martinhel, propriété de Francis Martineau et Hélène Bouffard, a construit l’an dernier un entrepôt-séchoir de foin qui permet d’offrir la première qualité en matière de foin sec. Le marché visé est les États-Unis où les propriétaires de chevaux sont friands du foin québécois.

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Pour l’entreprise, pas question de viser le marché québécois. C’est une question de stabilité du marché. « Depuis deux ou trois ans, il y a des pénuries de foin dans certaines régions du Québec, mais c’est variable comme demande », dit Francis Martineau.

L’entrepôt de 100 pieds (30,5 m) par 326 (99,4 m) de long est doté de deux séchoirs le long de la bâtisse et de deux immenses portes de 43 pieds (13,1 m) de large. Les deux séchoirs ont chacun une capacité de 1700 petites balles pour un total de 3400 balles à la fois, soit six balles de profond et huit de haut. Les rideaux sont fermés et le foin y reste entre 12 et 36 heures. Le tout fonctionne à l’électricité grâce à une entrée électrique de 550 ampers.

Francis Martineau est à la fois producteur de foin de commerce, producteur de porcs, producteur vache-veau et forfaitaire. On le voit devant son séchoir à foin.
photo: Marie-Josée Parent

L’entrepôt a coûté environ 750 000$, plus les 250 à 300 000$ pour les séchoirs. Le délai de récupération est estimé à 12 ans, d’où l’intérêt de rechercher un marché stable et payant.

L’intérieur du bâtiment permet de protéger les balles de la lumière du soleil. Les luminaires sont dirigées vers le plafond pour apporter une lumière plus diffuse et non éblouissante pour les yeux car le travail est souvent fait de nuit.

Une demi-journée chargée

Cette Journée portes ouvertes sur le séchage du foin de commerce était en fait une demi-journée, mais très chargée en contenu. L’agronome Anthony Laroche du Club agroenvironnemental de l’Estrie a fait une présentation d’Agriclimat sur les changements climatiques en production fourragère.

« Je vais commencer ma conférence par la conclusion, a-t-il dit. Les changements climatiques apporteront des défis, mais aussi des opportunités. L’Estrie va bien se positionner au niveau du Québec. »

Le projet Agriclimat a lieu dans toutes les régions du Québec et a deux objectifs : informer sur les changements climatique en agriculture et développer un plan d’adaptation par et pour les producteurs agricoles.

Autre système de séchage

L’agronome bien connu du milieu des plantes fourragères Germain Lefebvre a présenté le système de séchage de foin qu’il a développé avec son fils Antoine Lefebvre. Il s’agit d’un projet dont Germain Lefebvre voulait faire depuis longtemps. Le système de Novations AGL est plus petit que celui de la ferme Martinhel et fonctionne à gaz et à l’électricité.

Il s’agit d’une remorque modifiée permettant d’entrer 19 grosses balles sur une rangée. Il est possible d’ajouter une deuxième rangée. La largeur de la remorque fait la longueur de la balle. Même s’il s’agit d’une remorque, le système n’est pas portatif en raison de l’installation nécessaire pour connecter l’unité de brûlage du gaz. Le gaz permet de chauffer l’air alors que l’électricité fait fonctionner la ventilation. Actuellement, une seule unité est en fonction par l’entreprise fondée en 2017.

Germain Lefebvre et son fils Antoine ont développé un système de séchage du foin. L’entreprise s’appelle Novations AGL.
photo: Marie-Josée Parent

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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