Compaction: action, réaction!

Le CRAAQ a diffusé récemment un webinaire animé par l’agronome Louis Robert, conseiller expert en grandes cultures, à la direction régionale de la Montérégie-Est du MAPAQ. La présentation appelée ” La caractérisation des propriétés physiques et biologiques du sol par la méthode des profils de sol : approche suggérée” visait à démontrer une approche à portée de main des producteurs pour constater par eux-mêmes l’état de leurs sols.

Louis Robert s’y connait puisqu’il est derrière les cliniques la “Caravane Santé des sols” et l’atelier ” Comment lire un profil de sol”  qui se sont promenées dans tout le Québec. Le Bulletin présente un résumé du webinaire, mais a eu l’idée de demander à l’agronome de fournir des solutions aux problèmes à la suite d’un diagnostic, particulièrement en ce qui a trait à la compaction qui serait largement répandue au Québec.

Question: Pour un sol compacté, quelle solution est la plus rapide ou la plus efficace pour améliorer la structure du sol ? Quel moyen devrait adopter en premier un producteur ? 

Il faut rappeler d’abord qu’il faut absolument procéder à un diagnostic au préalable par des profils de sol. Entre autres pour localiser le début et la fin de la zone de compaction.

Au Québec, on a souvent affaire à de la « vraie » compaction, profonde (commençant à 25 cm de la surface et se terminant à 70 cm), qu’aucune plante ne peut corriger.

Si les profils révèlent cette situation, alors le producteur devrait envisager le sous-solage, en condition de profil sec (de fin juillet à mi-septembre, mais variable selon l’année), avec un outil à une, deux, ou trois dents qui peuvent pénétrer jusqu’à 10 cm sous la fin de l’horizon compact. Il faut aussi semer une culture de couverture à enracinement rapide (moutarde, radis) effectué la veille ou deux jours avant le sous-solage. Donc, il faut planifier et ne pas semer du maïs ou toute autre culture de pleine saison. Tout cela ne servira à rien si la compaction est le résultat de pratiques culturales régulières du producteur, et si ce dernier n’est pas prêt à les remettre en question.

Pour ce qui est de prévenir, on préconise toujours les mêmes mesures préventives : éviter les erreurs du passé et notamment les passages de machinerie en condition de profil humide (facile à dire, plus difficile à respecter), travail réduit du sol, rotation courte et diversifiée, cultures de couverture, répartition des épandages de lisier.

Question: Selon les méthodes que vous avez présentées (trous avec des dimensions précises), est-ce que les résultats seraient suffisants pour aller de l’avant ou une analyse de sol est essentielle également? Vaut-il mieux aussi valider avec un agronome ou un conseiller ce qui a été observé?

Dans un cas de compaction, oui, les profils permettent de déterminer s’il y a compaction et à quelle profondeur, de façon suffisamment précise pour aller de l’avant avec la procédure de correction (qui inclut le sous-solage, mais ne se limite pas à ça).

Mais oui, aussi, les analyses de sol traditionnelles (chimiques) sont toujours nécessaires, elles complètent le diagnostic en caractérisant les propriétés chimiques (avec les profils on obtient une caractérisation qualitative des propriétés bio et physiques). Bien que la plupart du temps, ce sont les propriétés physiques qui doivent en priorité être corrigées, il arrive encore que le pH, ou encore le [Mg] soit à corriger.

Et si vous avez accès à un agronome avec expérience avec les profils, ayez-y recours, c’est sûr.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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