De bonnes perspectives pour les petits fruits

La rentabilité devrait être au rendez-vous pour les producteus de bleuts, de canneberges et de sirop d'érable

Après une année difficile, 2019 devrait être favorable et bien se terminer pour les producteurs de bleuets, de canneberges et de sirop d’érable, selon l’économiste de Financement agricole Canada, Martha Roberts. Dans leur bilan des six derniers mois et leurs prévisions du reste de l’année, l’organisme constate que l’abondance des stocks pourrait causer des soucis aux secteurs du bleuet et de la canneberge tandis que la très bonne production du printemps devrait stimuler les profits des producteurs.

La consommation de bleuets frais au pays a augmenté de façon impressionnante à hauteur de 12,7 % en 2018 par rapport à 2017. Pour les bleuets en corymbe, la valeur des bleuets a grimpé de 13,8 % en 2018, pour s’établir à 177,4 millions de dollars, ce qui s’explique par une hausse de 10,3 % de la production commercialisée et une croissance des prix de 3,1 %. La Colombie-Britannique produit 96 % des bleuets en corymbe.

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Les prix devraient toutefois être sous pression en raison de la hausse de la production aux États-Unis et au Canada. Comme plus grand producteur et exportateur de bleuets sauvages, les ventes à l’étranger du Canada continuent de progresser. Elles se sont élevées à 239M$ en 2018.

Les stocks de canneberges ont mis sous pression les prix à la suite de l’abondante récolte de 2018 qui a bondi de 41% sur douze mois. Principalement cultivé au Québec (64,3%), la valeur des canneberges a augmenté de 25% en 2018 pour se situer à 143,6 M$. Les bonnes conditions de l’été annonce une autre bonne saison pour 2019. En raison des prix stables et d’une demande vigoureuse, les recettes des producteurs devraient être bonnes. Avec la hausse de la production, le prix des canneberges bio devrait diminuer.

Le prix de la canneberge aux États-Unis a subi les contrecoups des mesures commerciales qui ont restreint l’accès à certains marchés étrangers. Les marchés qui sont à l’origine de l’imposition des tarifs (qui varient de 10 % à 55 %) sont le Canada, le Mexique, l’UE et la Chine. Les coûts estimés seraient de 32G$ en perte de recettes à l’exportation. En mai, l’administration Trump est venue en aide aux agriculteurs américains, y compris les producteurs de canneberges, en prenant des mesures de facilitation du commerce sous forme d’indemnités versées en fonction du nombre d’acres en 2019. Les prix semblent toutefois remonter.

La production canadienne de sirop d’érable a fléchi en 2018 après trois ans de croissance entre 2014 et 2017. Le printemps difficile qu’a connu le Québec, qui produit habituellement 90 % de la production canadienne, a contribué à réduire la production nationale globale de 21,7 %. Le Nouveau-Brunswick, qui est la deuxième province productrice, a vu ses volumes chuter de 37,7 %.

Le Québec a été en mesure de stabiliser les prix en puisant dans ses stocks accumulés après deux ans de forte croissance de la production en 2016 et 2017. Entre 2015 et 2017, les stocks canadiens de fin de campagne ont crû de 83,2 %. L’excellente production de 2019 devrait aider à hausser les stocks et le niveau de rentabilité.

La pression sur les salaires devrait se maintenir en raison de la rareté de la main-d’œuvre. Pour ce qui est des autres coûts, les prix à la production devraient diminuer tandis que les prix moyens devraient se maintenir. Le coût des intrants devraient pour leur part demeurer à un faible niveau pour les transformateurs canadiens.

Le taux de change pour le huard devrait demeurer aux alentours de 0,75$US pour le reste de l’année.

Parmi les points à surveiller, l’économiste Martha Roberts souligne l’augmentation de la production et de l’exportation des bleuets et des canneberges de la part de l’Asie et de l’Amérique du Sud , la ratification de l’ALENA 2.0, l’introduction de variétés hybrides de bleuets nains et de bleuets en corymbes qui pourraient augmenter la production et un programme pilote visant à atténuer les pénuries de main-d’œuvre dans le secteur de la transformation alimentaire.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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