Et si on jasait fertilisation des prairies

*La première coupe de foin approche, même si  les volumes risquent de ne pas être ceux attendus, à moins que Dame Nature ne se décide pas à nous envoyer un peu d’eau. Soyons positif et continuons de viser le plein potentiel de rendement pour l’année. Un des moyens d’y arriver est de se pencher sur la fertilisation.

La science de la fertilisation des prairies a été laissée de côté durant les dernières années, bien que les objectifs des producteurs laitiers aient augmentés. Un fourrage de qualité en quantité suffisante est possible, mais il faut investir sur une fertilisation adéquate en fonction des résultats espérés et de ce qu’il y a dans le champ.

Fertilisation des graminées

Il y a deux semaines, mon article parlait des bénéfices d’ajouter des graminées à vos mélanges de luzerne-mil. Mais en ajoutant des graminées, il est nécessaire d’adapter notre fertilisation en conséquence.

Par exemple, prenons  un mélange 70% luzerne/30% mil à 20 kg/ha, auquel on ajoute 6 kg/ha de brome (considérer ceci comme un minimum) . Le résultat sera une proportion réelle au champ de 34 % de légumineuse pour 66% de graminée, en raison du nombre de grains/kg de semences.

Pour une implantation récente de luzerne, le guide de fertilisation nous suggère de 0 à 75 unités d’azote, pour un rendement de 7-8 tonnes de matière sèche par hectare. Sans entrer trop dans les détails, pour un champ de richesse moyenne, il faudrait fertiliser 70N, 35P, 140K.

Annuellement, pour combler ces besoins en fertilisation granulaire, l’apport serait de 595 kg/ha avec une formule 14-6-26 soit 200 kg/ha sur 3 coupes. Étonnamment, cela représente la moitié d’une fertilisation en maïs ensilage pour un rendement de 7 à 8 tonnes/ha. Dans des conditions optimales, on peut observer un rendement allant jusqu’à 12 t/ha, soit près du double…

Attention au fumier

Bien souvent, des fumiers sont appliqués entre les coupes. Dans une situation idéale, ces fumiers devraient être privilégiés pour les champs de maïs. Étant donné les courts interstices entre les coupes, le fumier ne pourra être valorisé à son plein potentiel. De plus, une application de fumier sur les fourragères entraînera une perte de vigueur due à la brûlure des poils racinaires, causée par la forte présence d’ammoniac dans les fumiers. S’il est nécessaire d’en appliquer, il est préférable d’attendre à l’automne pour éviter les grandes sécheresses et chaleurs de l’été. Il faut toutefois éviter en tout temps les fumiers l’année d’établissement.

Pour terminer, je vous laisse sur les paroles d’un grand sage, mon ami Justin : C’est avec du bon foin qu’on fait du foin !

Merci à mes collaborateurs pour la rédaction de cet article. Justin Chabot d’engrais Ducharme, Nicolas Boudreau et les Agrocentre.

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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