Le maïs revient en force dans l’Est du pays

Statistique Canada a dévoilé les résultats de son enquête sur les prévisions d’ensemencement au Canada. Les chiffres cette année sont cependant teintés par la pandémie de la COVID-19. L’organisme dit que certaines données n’ont pu être recueillies en raison d’une interruption des entrevues le 16 mars. par conséquent, les données sont à utiliser avec prudence, fait-on savoir.

Les réponses recueillies laissent toutefois entendre que le maïs serait de retour cette année dans l’Est, surtout en Ontario où les superficies dédiées à la céréale pourraient être historique. Les producteurs du Québec auraient également jeté leur dévolu sur le maïs par rapport au soya en raison des faibles prix causés par les turbulences commerciales, avance Statistique Canada.

Pour l’ensemble du pays, le blé serait en hausse pour 2020, ainsi que l’avoine. Les céréales en baisse sont le canola, le soya, l’orge, les pois secs et les lentilles par rapport à l’année précédente.

Le choix des producteurs seraient influencés par l’offre mondiale et les tarifs sur certains produits. Le canola est la victime d’un embargo de la part de la Chine depuis presque deux ans et l’Inde a également limité ses achats de lentilles canadiennes. Les retards enregistrés en 2019 dans les semis pourraient aussi être en cause dans certaines décisions sur le choix des cultures.

À l’échelle nationale, les agriculteurs s’attendent à semer 25,4 millions d’acres de blé en 2020, en hausse de 3,3 % par rapport à l’année précédente. Les agriculteurs prévoient semer la même quantité de blé de printemps que l’année dernière (18,8 millions d’acres), mais anticipent une hausse de la superficie ensemencée de blé dur (+6,8 %), qui devrait atteindre 5,2 millions d’acres, et de blé d’hiver (+53,5 %), qui devrait s’élever à 1,4 million d’acres. L’augmentation prévue de la superficie de blé dur est probablement attribuable à la hausse des prix, tandis que l’augmentation attendue de la superficie de blé d’hiver est principalement due aux conditions hivernales favorables réduisant ainsi les superficies détruites durant l’hiver par rapport à un an plus tôt.

Les semis de canola devraient reculer pour une 2e année consécutive avec une baisse de 1,6% à 20,6 millions d’acres en 2020. Il s’agirait de la plus petite superficie depuis 2013.

La superficie de soya diminuerait de 8,7 % par rapport à 2019 à 5,2 millions d’acres.

Le maïs-grain verrait pour sa part une augmentation de 3,2% au niveau national pour 3,8 millions d’acres. Les agriculteurs de l’Ontario, la province principale de production de maïs-grain, prévoient une augmentation de 4,5 % de la superficie ensemencée, qui devrait atteindre 2,3 millions d’acres. Si cela se réalisait, il s’agirait de la plus grande superficie ensemencée jamais enregistrée dans la province.

Au Québec

Les agriculteurs du Québec s’attendent également à semer plus de maïs-grain, en hausse de +2,9 %, à 972 100 acres, la 2e plus importante superficie depuis 2016. Cette année là, il s’était semé 980 000 acres. Les semis de soya s’établirait à 890 400 acres, ce qui représente une baisse de 1,7 % par rapport à 2019.

Les semis d’orge sont en hausse à 132 000 acres, tout comme l’avoine à 203 300 acres. Le blé de printemps se maintient à 185 200 acres et le blé d’hiver remonte à 51 100 acres,  un sommet dans la province. Le canola recule à 21 000 acres, les plus petites superficies depuis 2006.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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