Le seigle, une solution pour réduire les pertes d’azote

Le seigle ramène l’azote minéral inutilisé dans le pool d’azote organique

Une image vaut 1000 mots.

Observez cette image. Il s’agit d’un semis de seigle réalisé l’automne dernier après la récolte du maïs. La photo a été prise la semaine dernière à Sainte-Agnès-de-Dundee, en Montérégie Ouest.

L’agronome Sylvie Thibaudeau, qui en est l’auteure, a remarqué les stries apparaissant dans ce champ. Celles-ci s’expliquent par le développement supérieur du seigle dans les entre-rangs de maïs. « C’est la première année qu’on a des champs semés à la volée en post-récolte, ce qui fait ressortir ce phénomène, commente la conseillère du club agro du bassin La Guerre. J’ai vu un autre champ semblable à Saint-Anicet. »

Cette photo témoigne éloquemment d’une caractéristique intéressante du seigle (ainsi que d’autres plantes de couverture) : celle de capturer l’azote résiduel. « Mon interprétation de ce qui se passe ici, dit Sylvie Thibaudeau, c’est que le seigle a capté l’azote de post-levée appliqué sur l’entre-rang et que le maïs n’avait pas utilisé. »

« Il est bien connu que le maïs est un très mauvais utilisateur de l’azote, ajoute-t-elle. La recherche démontre qu’il met à profit à peine 45 % à 50 % de l’azote épandu. »

Précisons que le semis du seigle s’est fait à la volée et a été suivi d’un passage de rouleau. Le seigle devait être détruit en prévision d’un semis de soya.

L’azote capté par le seigle pourra donc profiter aux prochaines cultures plutôt que d’être lessivé. Quelle quantité d’azote cela représente-t-il? L’agronome envisageait de réaliser un échantillonnage avant la destruction de la culture afin de le mesurer.

À quel rythme cet azote deviendra-t-il disponible? À cela, l’agronome avoue qu’il n’y a pas de réponse claire. « Cet azote va se retrouver en partie dans ce qu’on appelle le pool d’azote organique, raisonne-t-elle. Une bonne proportion de l’azote se trouve dans les racines, lesquelles mettront plus de temps à se décomposer que la partie aérienne de la plante. Le soya n’a pas vraiment besoin de cet azote. Par contre, ce serait intéressant qu’il profite au blé qui sera semé cet automne dans cette parcelle. »

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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