Le soya aime les mycorhizes

On connaît déjà l’effet positif des inoculants à base de bactéries rhizobium sur l’assimilation de l’azote par le soya. Or, s’il existe des bactéries capables de fixer l’azote de l’air pour les légumineuses, pourquoi n’y aurait-il pas des microorganismes qui contribueraient à l’assimilation d’autres nutriments?

Un tel organisme existe. Ce champignon mycorhizien se nomme endomycorhize Glomus intraradices. Il colonise le système racinaire des végétaux pour former un réseau de filaments dans le sol. Ce réseau transporte l’eau et optimise l’absorption des nutriments, plus particulièrement du phosphore, par les racines. Cette alliance champignons-plantes accélère le développement et la croissance de la plante et augmente sa tolérance aux stress.

Les mycorhizes sont présentes naturellement dans le sol. Toutefois, dans les sols perturbés par l’activité agricole, la quantité de mycorhizes chute drastiquement et la population atteint un niveau insuffisant pour influencer la croissance et la santé des végétaux. C’est aussi le cas lors  de rotations incluant des plantes non-hôtes, telles que les chénopodiacées (épinards, betteraves) et les crucifères (canola, chou, brocoli).

L’effet des mycorhizes est  accentué dans les sols moins fertiles, tels que les sables, les sols riches en aluminium, pauvres en phosphore ou mal égouttés. D’où l’intérêt d’employer un inoculant mycorhizien pour donner un coup de pouce à la nature.

L’expérience au champ

Mario et Jean-Pierre Tanguay de la ferme G. Tanguay et fils ont essayé les mycorhizes en 2011. Les deux frères cultivent 485 hectares en grandes cultures à Saint-Pie, en Montérégie, dont 180 hectares en soya. De cette surface, ce sont 30 hectares de soya qui ont été semés en association avec un inoculant mycorhizien cette année.

Pour vérifier l’efficacité du produit, les producteurs ont divisé le champ de façon à pouvoir évaluer quatre scénarios : mycorhize avec engrais liquide au démarreur (Alpine 6-24-6); engrais liquide seulement; mycorhize seulement et aucun apport.

Tout au long de la saison, les Tanguay ont remarqué que le soya avec mycorhizes atteignait plus rapidement les différents stades de croissance. « À la fin juin, les plants de soya avec mycorhizes mesuraient le double de la longueur (plants et racines comprises) de ceux sans mycorhizes », précise Jean-Pierre Tanguay.

Selon Mario Tanguay, l’intérêt d’introduire une telle technologie repose sur une volonté d’être toujours plus efficace. « Avec le prix des terres dans la région, on cherche à maximiser la rentabilité des terrains que l’on possède déjà au lieu d’agrandir nos surfaces. »

Lisez l’expérience de la Ferme aux Quatre Vents

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