Marché des grains: glissade des prix

Les marchés ont joué de prudence face au coronavirus

Malgré la signature de l’entente entre la Chine et les États-Unis la semaine dernière, les acteurs des marchés ont eu les yeux rivés sur l’annonce du nouveau virus chez l’homme et de ses impacts possibles sur l’économie chinoise.

Bien que la Chine ait promis d’augmenter considérablement ses achats de denrées agricoles en provenance des États-Unis, le coronavirus a mené les autorités chinoises à confiner 40 millions de personnes au moment des festivités du nouvel an chinois. Le moment n’aurait pas pu être mal choisi puisque ce moment de l’année coïncide avec des ventes importantes pour souligner cet événement. Les analystes anticipent des pertes considérables en conséquence du confinement et de l’interdiction pour les personnes de fréquenter les lieux publics, que ce soit des marchés ou des restaurants.

Aux dernières nouvelles, près de 60 décès avaient été signalé en Chine et des cas ont été répertoriés dans les pays voisins, ainsi qu’en France, aux États-Unis, et tout dernièrement au Canada.

Les principaux grains ont donc perdu vendredi une partie des gains de la semaine, malgré l’annonce de ventes robustes à l’étranger pour le maïs. Le maïs avait pourtant atteint jeudi son niveau le plus élevé depuis la mi-octobre tandis que le blé. Le soya a pour sa part rejoint son niveau le plus bas des six dernières semaines.

À cela s’est ajouté les perspectives de très bonnes récoltes en Amérique du Sud, malgré la sécheresse qui a fait craindre un impact sur la production. Les conséquences pourraient être plus notables pour le soya mais les champs de maïs semblent bien se porter. Les acheteurs s’interrogent encore d’ailleurs à savoir si la Chine délaissera le marché sud-américain vers lequel elle s’est tournée durant la guerre commerciale avec les États-Unis. Pour le moment, les ventes de soya  vers la Chine sont en hausse de 23% par rapport au pire moment du conflit commercial mais demeure nettement en arrière si on compare avant le début des hostilités.

Le blé a de son côté subi les contrecoups d’une prise de profit après s’être envolé à son niveau les plus élevé en 18 mois cette semaine. La possibilité de voir la Russie restreindre ses exportations, tout comme les impacts de la grève en France sur les livraisons de blé dans les ports avaient fait grimper les cours. Un redoux dans le sud des États-Unis avait aussi fait craindre sur la santé des cultures, ce qui avait amplifié la hausse.

Le boisseau de soya pour mars a terminé à 9,0200 $US contre 9,2975 $US la semaine dernière, pour une perte de 3%.

Le boisseau de blé pour mars a réussi à conserver un léger gain pour la semaine de 0,5% en terminant à 5,7350 contre 5,7050 $US vendredi dernier.

Le boisseau de maïs pour mars a perdu 0,5% en terminant à 3,8725 $US par rapport à 3,8925 $US.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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