Bœuf Québec : un maillage historique

L’ambiance était à la fête lors de l’assemblée générale annuelle de la Société des parcs d’engraissement du Québec (SPEQ) et des Journées filières du 8 et 9 mars dernier. Après des années de prix difficiles et après un an et demi de gestation, le projet Bœuf Québec est devenu réalité.

Le directeur général de la Société des parcs d’engraissement (SPEQ), Jean-Sébastien Gascon, le directeur général de Viandes Lauzon et de Viandes Décarie. divisions de Colabor, Michel Gagné, et le président de la SPEQ, Marc Grimard.

« On a la chance d’avoir un partenaire comme Colabor et en plus, c’est un distributeur québécois, a dit Marc Grimard, président de la SPEQ devant ses membres. Avoir un partenaire qui distribue à la grandeur du Québec, c’est magique. »

Bien que l’initiative Bœuf Québec est venue de la SPEQ en novembre 2015, l’implication de Colabor est identifiée comme la pierre angulaire de Bœuf Québec. Sans sa présence, Bœuf Québec n’aurait jamais vu le jour.

Afin de réaliser son projet, la SEPQ, sous la gouverne de son directeur Jean-Sébastien Gascon, s’est adjoint les services de Marie-Claude Michaud de la Fibre alimentaire. Son rôle a été de travailler à l’élaboration et à la mise en place du projet. Une partie centrale de sa tâche a été d’asseoir les intervenants ensemble afin d’établir un dialogue et de la confiance.

« Il faut bâtir cette confiance-là, dit-elle. Il faut que ce soit gagnant-gagnant. Si on agit à court terme, très peux d’acheteurs vont rester. »

Bœuf Québec est justement un projet dont les plus grands bénéfices surviendront dans le long terme. « La clé pour moi, c’est de comprendre que les bénéfices sont à long terme, explique le directeur général de Viandes Lauzon et Viandes Décarie, divisions de Colabor, Michel Gagné. Personne n’aura rien de plus dans les poches demain matin. Ce n’est pas la motivation principale. »

Bœuf Québec fait plutôt partie d’un plan de relance de la production bovine au Québec et permettra de combler le besoin des consommateurs de retrouver le bœuf québécois dans son assiette.

La production de bouvillons a grandement diminué depuis son sommet de 2008 alors qu’il se finissait 217 000 bêtes. Cette année, la Société des parcs d’engraissement prévoit finir entre 90 000 et 95 000 bouvillons. Le plan de relance prévoit augmenter la production de bouvillons de 5000 têtes par année en 10 ans afin d’atteindre le chiffre de 140 000 bouvillons en 2025.

Plusieurs personnes travaillent à la réussite de Boeuf Québec.

3 phases

Bœuf Québec a dû démarrer beaucoup plus rapidement que prévu. L’arrivée de La Cage – Brasserie sportive a fait grimper la demande. Dès le 20 mars, les 46 restaurants de la chaîne offriront le bœuf du Québec au menu. C’est grâce au chef bien connu Louis-François Marcotte, également vice-président image de marque et innovation de la chaîne. « Il est en semaine de relâche scolaire dans le Sud. Sinon, il aurait été avec vous », explique la directrice principale marketing, Catherine Simard.

Cette association a obligé la Société des parcs à s’engager à commencer Bœuf Québec avec l’abattage de 200 bouvillons par semaine. C’est 11% de la production provinciale. Bœuf Québec est aussi déjà disponible dans des boucheries spécialisées. « C’est notre phase 1, explique Marc Grimard. Dans notre phase 2, nous approcherons les chaînes d’alimentation. Nous aurons besoin de nouveaux partenaires. »

Les animaux sont actuellement abattus à aux Viandes Forget à Terrebonne. Toutefois, depuis la fermeture de tous les abattoirs spécialisés dans le bouvillon au Québec et d’inspection fédérale, il faut se tourner vers les abattoirs multi-espèces, comme Forget. Ce joueur est le plus important avec une capacité de 350 bouvillons par semaine. L’ensemble des cinq abattoirs multi-espèces sous inspection fédérale du Québec peuvent abattre entre 850 et 1000 bouvillons par semaine.

« La troisième phase, c’est le naturel, sans hormone et sans antibiotique, mais je ne dis pas que la phase trois ne se chevauchera pas avec la phase 2 », explique Marc Grimard.

La Société des parcs d’engraissement travaille aussi pour inclure les producteurs de veaux d’embouche afin de pouvoir mettre en marché des veaux nés et élevés au Québec. « Mais l’idée de départ était de ne pas mettre trop de contraintes afin d’assurer un approvisionnement, explique Marc Grimard. On aimait mieux en mettre moins et en ajouter plus tard. » Dans les parcs d’engraissement du Québec, 75% des veaux proviennent du Québec. L’objectif est donc atteignable. Il reste à ficeler le tout.

Boeuf Québec, c’est parti! PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Des appuis nombreux

Bœuf Québec a reçu des appuis des principaux acteurs de la production bovine au Québec et d’autres joueurs d’industrie agroalimentaire. « On ne veut pas s’emparer du projet, mais on veut être une roue, a notamment affirmé le président des Producteurs de bovins du Québec, Claude Viel. On réussit parfois à faire ouvrir des portes. Je veux vous rassurer que les Producteurs de bovins sont derrière le projet. Nous sommes fiers! »

Tout cela implique le travail à long terme afin que cette relance de la production bovine québécoise soit la bonne. « Je n’ai pas de doute : ça va continuer », rassure Michel Gagné.

 

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