Bœuf Québec veut profiter de l’engouement pour l’achat local

Objectif : doubler l’offre d’ici la fin de 2020

Passé sous silence en raison d’une tempête de neige et d’une crise sanitaire sans précédent, Bœuf Québec a soufflé ses trois années d’existence en mars qui vient juste de se terminer. Avec la COVID-19, les Partenaires Bœuf Québec veulent profiter de l’engouement actuel pour l’achat local pour amener les gens à se tourner vers le bœuf local, mais à long terme, pas seulement le temps d’une crise. Et ainsi répondre à l’appel du premier ministre François Legault de se tourner vers l’achat local.

« La COVID-19 crée beaucoup d’incertitude. On n’est pas capable de faire une lecture des effets de la crise. On mise beaucoup sur notre emballage sous vide. On espère que les gens vont trouver avantageux de pouvoir avoir du bœuf haché frais qui peut se conserver jusqu’à 14 jours grâce à l’emballage sous vide. Mais au final, le juge, c’est le consommateur. On ne veut pas répondre uniquement à l’engouement actuel. Notre défi, c’est que les consommateurs nous adoptent sur le long terme », explique en entrevue le directeur général de la Société des parcs d’engraissement du Québec et coordonnateur de Bœuf Québec.

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Jusqu’à ce jour, tous les bouvillons de la filière Bœuf Québec étaient abattus à l’abattoir Les Viandes Forget de Terrebonne. En 2019, tout près de 12 000 y ont été abattus. L’objectif de l’abattoir est de passer à 25 000 d’ici la fin de l’année. « Il est en pleine accélération », explique Jean-Sébastien Gascon.

Deux séries de tests ont été effectués dans un deuxième abattoir fédéral existant. Il s’agit de Viande Richelieu de Massueville. Les bouvillons abattus dans cet abattoir s’ajouteront à ceux des Viandes Forget.

La vision de Jean-Sébastien Gascon est qu’en 2025, il y ait 100 000 bouvillons abattus sous la marque de commerce Bœuf Québec. « Sans construire d’abattoir, insiste-t-il. C’est un super challenge! »

Il explique que la force des Partenaires Bœuf Québec a été de miser sur les entreprises existantes, comme Les Viandes Forget, mais aussi les entreprises de la transformation et de la distribution. « C’est là qu’on se rend compte qu’on est fort à Montréal dans la transformation. » Il cite en exemple leur viande fumée. Les produits sont distribués dans les marchés IGA.

Bœuf Québec, c’est aussi des fermes bovines sur tout le territoire du Québec. Pour pouvoir abattre 100 000 bouvillons, il faudra croître de nouveau la production bovine au Québec.

Passer à travers la crise

En entrevue, André Forget de l’abattoir les Viandes Forget veut d’abord passer à travers la crise actuelle de la COVID-19 avant de parler d’expansion. Il confirme que l’objectif est de passer à 25 000 têtes pour l’année 2020, mais que l’avenir est incertain. La crise actuelle risque de changer bien des choses.

«Le balancement des carcasses est à revoir, dit-il. Les HRI (hôtels, restaurants, institutions) n’achètent plus. Toutes les coupes qu’ils achetaient, comme le filet mignon, c’est dévalorisé.» Il aimerait que les gens profitent de la saison du barbecue qui est à nos portes pour qu’ils cuisinent chez eux des repas comme s’ils étaient au resto. «Et ça coûte moins cher que le resto», dit-il.

L’achat de l’abattoir par le groupe Délimax-Montpak il y a un an a amené une restructuration des activités d’abattage et de découpe. L’ancien abattoir d’Écolait à 8 km de l’abattoir de Viandes Forget est dorénavant l’usine de découpe pour tout le groupe Délimax-Montpak. L’usine de Saint-Hyacinthe abat les veaux, alors que Viandes Forget abat principalement du boeuf et de l’agneau. Tout cela augmente la capacité d’abattage de boeuf de Viandes Forget.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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