Des mesures seront prises pour protéger les travailleurs de l’abattoir de Yamachiche

Olymel étudie la question avec ses partenaires

Depuis l’annonce de la fermeture de l’abattoir d’Olymel de Yamachiche, Olymel étudie les moyens qui seront mis en place pour permettre le retour au travail de ses employés après les 14 jours de fermeture annoncés par communiqué le dimanche 29 mars 2020.

La Direction de la santé publique de la Mauricie et Centre-du-Québec avait détecté un accroissement du nombre de personnes testées positives à la COVID-19, soit neuf en date de dimanche dernier.

« On pense mettre des plexiglass à certains endroits, mais ce n’est pas évident », explique en entrevue le responsable des communications corporatives pour Olymel, Richard Vigneault.

Différentes options seront évaluées. Des discussions sont en cours entre la direction d’Olymel, la Direction de la santé publique régionale, la CNESST, l’ACIA et le MAPAQ.

« Les conditions seront encore plus renforcées que ce qui existait auparavant », explique Richard Vigneault.

Les employés des usines d’abattage et de découpe sont habituées aux normes de salubrité élevées, mais des normes supplémentaires ont été mises en place dès le début de l’épidémie. Des directives strictes ont été émises. Des salles de conférence et de formation ont été ouvertes pour apporter plus de distanciation sociale lors des pauses et des repas. Des désinfections supplémentaires sont apportées aux poignées de portes. L’entreprise a aussi engagé deux médecins consultants à temps plein qui visitent les usines. Certains travailleurs ont été retourné chez eux.

« Malgré tout ça, on n’est pas chez eux, dit Richard Vigneault. Si un enfant rapporte le virus à la maison, le travailleur peut ensuite l’apporter à l’usine et le propager. »

À noter qu’à l’instar de plusieurs autres entreprises d’abattage au pays et d’employés du secteur de l’alimentation, les employés d’Olymel reçoivent un bonus de 2$ de l’heure pour tous les employés rémunérés à l’heure durant la période de la pandémie de COVID-19.

Les autres usines sont aussi en fonction, mais il y a une réduction de l’effectif d’environ 30% à l’abattoir de Saint-Esprit en raison de travailleurs de Montréal qui ne peuvent plus se déplacer en région, ce qui a ralenti le rythme d’abattage.

Mais la production est une roue qui tourne. D’un côté, les fermes sont pleines de porcs qui attendent de sortir et de porcs en croissance. De l’autre, les gens ont besoin d’être nourris. Richard Vigneault explique que les exportations continuent.

Un comité efficace

De son côté, dans une lettre adressée le 31 mars à ses membres, les Éleveurs de porcs du Québec disent qu’ils voient de l’espoir: «Une réunion tenue aujourd’hui entre la filière porcine du Québec et le MAPAQ a permis de constater que la Direction de la santé publique détenait une excellente compréhension de la filière, de la production à l’abattage, et affichait une bonne ouverture à travailler pour mettre en place des dispositions visant à rétablir la capacité d’abattage.»

Ils ajoutent que la Direction de la santé publique comprend bien le contexte de la réalité de l’abattage et que les solutions arrive rapidement. La lettre termine par ces mots: «Les membres de la filière ont rappelé aux représentants du gouvernement qu’il fallait que des mesures soient adoptées le plus rapidement possible pour éviter de lourdes conséquences sur les entreprises. Chaque jour sans solution est un jour de trop sur les fermes, ont-ils insisté.»

 

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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