La génomique est de plus en plus intéressante pour les producteurs bovins

Elle est plus abordable et plus performante

Alors que les bovins sont couramment évalués selon leur ÉPD, soit l’écart prévu chez les descendants, la génomique apporte plus de précision et de fiabilité à ces valeurs. La génomique est particulièrement intéressante chez les jeunes sujets car elle permet de les sélectionner plus rapidement.

Le 11 octobre 2019, le Congrès du bœuf organisé par le Centre de référence en agriculture et en agroalimentaire du Québec (CRAAQ) dans le cadre de l’Expo-Bœuf de Victoriaville a fait une large part à la génomique.

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Le responsable du secteur génomique au Centre de développement du porc (CDPQ), l’agronome Frédéric Fortin, et l’agronome, conseiller membre du groupe Bovi-Expert Bernard Doré ont mis la table en expliquant les principes de la génomique. La directrice science et technologie de l’Association Angus canadienne, Kajal Devani, a expliqué plus en détails comment ces données peuvent être utilisées.

Les données génomiques d’un animal sont obtenues suite à l’extraction de trois types de tissus de l’animal: les poils, le sang et la peau. Les 60 chromosomes bovins sont des hélices à double brin sur lesquels on retrouve l’information génétique. Des puces à SNP permettent d’identifier le génotypage. Un petit changement dans la séquence d’un brin d’ADN peut changer beaucoup de choses chez l’animal. Certains gènes sont simples, mais d’autres sont beaucoup plus complexes.

L’évaluation génomique d’un animal est réalisée grâce à des puces à SNP qui étudient des gènes précis de l’animal. Ces analyses sont de plus abordables et permettent d’évaluer de plus en plus de gènes. Ils coûtent entre 60 et 80$ par animal.

La génomique complète bien la valeur des ÉPD traditionnels. Dorénavant, en plus de la généalogie de l’animal, des données de performances de l’animal et des performances des descendants et des apparentés, nous avons les valeurs génomiques.

Cela apporte une augmentation de la précision de ÉPD. Plus la précision d’un ÉPD augmente, meilleure sera l’estimé du vrai potentiel génétique de l’animal. On aura aussi une plus grande confiance que l’animal transmettra son potentiel génétique à sa progéniture. Les ÉPD génomiques sont très intéressants chez les jeunes animaux pour lesquels on n’a pas encore de données de performances.

Les données génomiques ne remplacent pas la prise de données de performances. «C’est important de continuer de prendre des mesures, dit Kajal Devani. Le phénotype, c’est l’argent qui va servir pour payer la carte de crédit.» C’est sans compter que le génotype ne réagira pas pareil selon l’environnement.

Bernard Doré insiste sur l’importance de savoir utiliser les données plutôt que de savoir comment elles ont été obtenues. C’est comme un tracteur, on ne sait pas tout de la technologie, mais c’est bien utile.

20 ans d’Expo-Bœuf

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), André Lamontagne, a profité de l’occasion pour visiter le Congrès du bœuf et Expo-Bœuf. Il s’est dit très fier de soutenir financièrement Expo-Bœuf à hauteur de 130 000$.

Le Congrès du boeuf a été l’occasion de remettre les reconnaissances pour les meilleurs prix de vente du circuit des encens spécialisés, en présence du ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.
photo: Marie-Josée Parent

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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