La production porcine est plus que jamais influencée par les marchés internationaux

Le Porc Show 2019 a fait une large part à l’influence de la Chine et à la peste porcine

Peste porcine africaine qui a décimé la moitié du cheptel chinois, mesures protectionnistes, ententes internationales… La scène internationale a actuellement un grand impact sur la production porcine d’ici.

« On vit actuellement une période de protectionnisme », explique d’entrée de jeu l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest,  Il est actuellement conseiller stratégique au sein du cabinet McCarthy Tétrault grâce à ses connaissances importantes de la politique et des dossiers internationaux.

Il y a un ralentissement marqué des investissements qui sont maintenant plus faibles que le PIB. Toutefois, la production porcine est bien positionnée pour profiter des marchés prometeurs. C’est le cas notamment des pays de l’Asie-Pacifique où la classe moyenne est en croissance. Ce n’est pas le cas en Amérique du Nord.

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Carcasses de porc dans un abattoir

Avec la réouverture récente du marché chinois pour le porc canadien, c’est une bonne nouvelle dont il faut profiter. Le Nouvel An chinois qui sera le 25 janvier prochain est une date à surveiller puisque les Chinois du monde entier mettent le porc à l’honneur durant la plus grande fête chinoise. Les Chinois sont d’ailleurs les plus grands consommateurs de porc au monde à l’année longue.

Jean Charest a rappelé qu’il a été l’instigateur de l’entente avec l’Europe, l’Accord Économique Commercial et Global (AÉCG/CETA). Il rappelle qu’il s’agit d’un bon accord pour le secteur porcin. Selon lui, c’est à notre industrie de s’adapter pour répondre à leurs exigences.

Peste porcine africaine

La peste porcine africaine a décimé une grande partie de la production du plus grand producteur et plus grand consommateur de porc au monde, la Chine. Dans sa présentation, le président de Global Agritrends, Brett Stuart, a expliqué qu’il ne voit pas de retour à la normal dans les prochaines années. La Chine devra composer avec une plus faible offre de viande de porc.

Jusqu’à l’an dernier, la Chine produisait 50% de la production mondiale de porc. C’est énorme pour un pays qui ne détient que 3% des terres arables de la planète.

En raison de la sous-déclaration des pertes par les autorités chinoises, il est difficile d’identifier avec précision les pertes chinoises. Les estimations internationales sont à l’effet que plus de 50% du cheptel porcin chinois a été décimé. C’est le quart du cheptel mondial qui a disparu.

L’effet sur les prix du porc se fait sentir. Alors qu’en 2018, après l’introduction du virus en août de cette année-là, le gouvernement chinois libérait ses stocks sur le marché domestique pour stabiliser les prix, en 2019, cette stratégie ne fonctionne plus. Les prix du porc en Chine montent en flèche. En un an, le prix carcasse du porc a plus que doublé en Chine.

Le renversement de la situation est quasi impossible puisqu’aucun vaccin n’existe pour cette maladie qui affecte les porcs. Les projets de repopulation se font rares, même s’ils sont payants en raison du prix élevé du porc. Les risques sont trop grands.

Les Chinois qui aiment le porc beaucoup plus que n’importe quelle autre source de protéine sont en situation de pénurie. Selon Brett Stuart, c’est le bœuf qui a la faveur populaire pour remplacer le porc.

En 2017, chaque Chinois consommait 88 livres de porc, 24 livres de poissons et fruits de mer, 18 livres de poulet et 13 livres de bœuf.

Selon Brett Stuart, la Chine ne récupérera pas à 100%. La production se restructure davantage vers une production spécialisée et à grand volume, surtout pour les maternités. C’est au niveau des engraissements qu’il y a un goulot d’étranglement. Selon l’analyste, c’est une question de plusieurs années avant la que la situation revienne à la normale et cela attendra probablement l’avènement d’un vaccin contre la maladie.

Grande affluence

Le Porc Show 2019 a rassemblé plus de 1000 personnes à Québec les 10 et 11 décembre. Il s’agit de l’événement porcin rassemblant le plus de personnes au Canada.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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