Le colostrum pour un bon démarrage des veaux

Publié: 14 juin 2017

Veau naissant

L’automne dernier, Valacta a entrepris une tournée d’ateliers ayant pour thème « À veaux marques, prêts, partez! » Au total, 1398 personnes ont participés aux deux ateliers. Depuis mai, Valacta a entrepris de demander aux participants ce qu’ils avaient changé comme pratiques à la ferme.

Les résultats des 200 premiers producteurs consultés ayant participé à l’atelier 1 portant sur la nutrition et la gestion des veaux ont été compilés. Sans surprise, c’est au niveau de la régie du colostrum que les producteurs ont le plus appliqué les recommandations. « Par les questions que nous avions de la part des participants lors des ateliers, nous savions que c’est à ce niveau que nous aurions le plus d’impact », explique Débora Santschi, experte en production laitière – nutrition et gestion.

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Lors de la construction de la nouvelle étable pour les vaches en lactation, à droite, Yan et Ysabel Jacobs, et leur mère Marian Ghielen de la Ferme Léo Jacobs et fils ont aussi construit un site d’entreposage et de fabrication des aliments pour eux, mais aussi pour trois autres fermes de la famille. L’ancienne étable de la ferme derrière loge les vaches de Gestion Jean Jacobs, le père de Yan et d’Ysabel, ainsi que les vaches taries et la relève de la Ferme Léo Jacobs. À gauche, on voit la Ferme Ty-D, propriété de Tyler Doiron, le conjoint d’Ysabel. La Ferme New Jersey de la sœur d’Ysabel, Laurie, et de son conjoint Mathieu Jalbert est située à une dizaine de minutes de là.

Groupe Jacobs: une famille, quatre fermes, un site d’entreposage d’aliments

La famille Jacobs dans Portneuf compte sept propriétaires pour quatre fermes. Au moment de construire pour l’entreposage et la fabrication des aliments, ils ont décidé de miser sur leur force: l’esprit d’équipe.

Voici les principaux points sur lesquels les ateliers ont eu le plus d’impacts :

  1. Utilisation du réfractomètre pour évaluer la qualité du colostrum
  • Avant l’atelier, seulement 6% l’utilisaient.
  • L’augmentation d’utilisation est de 64%.
  • Pour un total de 70% qui l’utilisent après l’atelier.

« C’est 12 fois plus maintenant qu’avant », explique Débora Santschi. Le réfractomètre est un outil simple d’utilisation qui permet de mesurer rapidement la qualité du colostrum à la ferme.

La valeur rapportée par le réfractomètre permet de déterminer la quantité de colostrum à servir au veau et même de décider si le colostrum de la mère est suffisamment riche pour être servi au veau. Voici les recommandations de quantité à servir par repas au veau selon la valeur au réfractomètre :

  • 26% : minimum 2,5 litres
  • 24% : minimum 3,0 litres
  • 22% : minimum 3,5 litres
  1. Servir le colostrum dans l’heure suivant la naissance
  • Avant l’atelier, 66% le faisait.
  • Après l’atelier, 26% de plus l’ont fait.
  • Pour un total de 92% après l’atelier.

« La plupart des recommandations sont de servir le colostrum dans les quatre heures suivant la naissance, dit Débora Santschi. Nous recommandons plutôt de le servir dans la première heure, parce qu’immédiatement après la naissance, le veau a besoin d’eau, d’anticorps et d’énergie. En plus, il est super réveillé. Il faut profiter de ce moment-là. »

Les experts recommandent souvent le colostrum pour la présence d’anticorps, mais il contient beaucoup plus que cela. C’est un aliment extrêmement riche qui apporte beaucoup d’énergie au bébé qui en a très peu en réserve à la naissance.

  1. Servir deux repas de colostrum plutôt qu’un seul
  • Avant l’atelier, seulement 23% servaient deux repas.
  • Après l’atelier, 33% de plus ont servi deux repas.
  • Au total, 56% servaient deux repas après l’atelier.

Dans les heures suivant le vêlage, le colostrum devient graduellement du lait. Il est moins riche en énergie et en anticorps. C’est pourquoi il est recommandé de servir deux repas de colostrum extrait lors de la première traite après la naissance. Un premier repas a donc lieu dans l’heure suivant la naissance et l’autre repas à la traite suivante, mais avec le colostrum de première traite.

  1. Garder une réserve de colostrum congelé
  • Avant l’atelier, 37% gardaient du colostrum congelé.
  • Après l’atelier, 26% de plus ont conservé du colostrum congelé.
  • Pour un total de 63% qui conservent maintenant du colostrum congelé.

Le colostrum congelé est utilisé lorsque nous n’avons pas le temps de traire la vache tout de suite après le vêlage ou encore lorsque le test au réfractomètre révèle que le colostrum n’est pas suffisamment riche. Débora Santschi ajoute que le colostrum extrait de la vache est préférable au colostrum reconstitué.

  1. Décongeler le colostrum à 40 °C.
  • Avant l’atelier, 16% décongelaient le colostrum à 40 °C.
  • Après l’atelier, 34% de plus le faisaient.
  • Pour un total de 50% des participants qui le font aujourd’hui.

Mettre le colostrum dans l’eau bouillante détruit des anticorps et des protéines dans le colostrum. Il est plutôt recommandé de prendre le lait congelé dans un sac hermétique (de type Ziploc) de 1 à 1,5 litre et de plonger ce sac dans une chaudière d’eau à 40 °C pendant 15 à 20 minutes. Une fois que le colostrum est décongelé, on remplit la bouteille et on la réchauffe de la même manière jusqu’à 38 °C.

Lactoremplaceur

Outre le colostrum, les participants ont modifié leurs pratiques concernant le lactoremplaceur. Voici quelques bonnes pratiques que les participants ont adoptées :

  • Pour avoir une composition constante de lait reconstitué, il faut mesurer la quantité de poudre de lait en la pesant, car la poudre est plus dense au fond du sac que sur le dessus.
  • Il faut mélanger à la température recommandée pour ne pas détruire les protéines et les anticorps. Il faut aussi suivre les recommandations de l’étiquette lors du mélange. On met la poudre (150 g), puis on complète pour obtenir un total d’un litre et non pas ajouter un litre d’eau.
  • Pour maximiser la croissance des veaux, il faut augmenter rapidement à 8 litres de lait par veau par jour. « Beaucoup de producteurs ont peur de donner beaucoup de lait », explique Débora Santschi. Selon elle, les diarrhées peuvent être évitées si l’on a servi le colostrum selon les recommandations, qu’on a bien mélangé le lait et à la bonne température.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.