Le Porc Show sous le signe de la COVID-19

730 personnes se sont connectées à la première matinée de conférences

La pandémie de COVID-19 et la peste porcine africaine ont influencé l’année 2020 en matière de production porcine. C’est dans ce contexte que la 7e édition du Porc Show a débuté sa première matinée de conférences le 25 novembre 2020.

Bien que tenu dans un format virtuel en raison de la pandémie, l’événement a attiré 730 personnes à un moment ou l’autre de l’événement. Au plus fort de la matinée, 395 participants étaient branchés en même temps. « On était satisfaits d’avoir près de 400 participants », explique Marie-Claude Durand, coordonnatrice aux communications et aux événements au sein de l’Association québécoise des industries animales et céréalières (AQINAC) qui coordonne l’organisation de l’événement au nom de la filière porcine québécoise.

COVID-19 et PPA

Les deux cygnes noirs de l’année 2020 sont la peste porcine africaine (PPA) et la COVID-19. Cette image forte provient du premier conférencier, James Caffyn, consultant senior pour Gyra, une firme spécialisée en stratégie de marché.

Après une baisse drastique de la demande en viandes au printemps dernier en raison de la COVID, la situation est rapidement revenue à la normale. Même que le marché des viandes aux États-Unis est actuellement de 10 à 15% supérieur que la moyenne historique. Toutefois, James Caffyn estime que les stimuli mis en place par le gouvernement cesseront en 2021, ce qui aura un effet baissier.

La peste porcine africaine a durement touché la Chine en 2019 et 2020, ce qui a causé un déclin de la production dans ce pays. Cela a fait une place intéressante pour certains exportateurs. L’Espagne et le Brésil augmentent de beaucoup leurs exportations vers la Chine, alors que d’autres marchés voient une diminution de leurs parts de marché, comme l’Allemagne qui a connu un épisode de PPA en septembre.

Avant l’épisode de PPA en Chine, ce marché était déjà mature. Avec l’avènement de cette maladie, c’est toute la structure de la production qui y est en changement. James Caffyn s’attend à ce que ça prenne 3 ou 4 ans avant que la situation se rétablisse. « En 2024, on devrait revoir un pic de production, mais pas aussi élevé que dans le passé », dit-il. Après, la demande d’importation de viande de porc de la part de la Chine devrait diminuer.

La PPA, puis la COVID-19 ont fait grimper le prix de la viande de porc à un niveau historique en Chine.

Les substituts végétaux pour remplacer les viandes ont connu une forte hausse en début de pandémie. Les bas prix de ces produits ont un effet attractif pour les ménages. Les grands transformateurs de viande mondiaux se sont diversifiés dans cette mouvance, comme JBS et Tyson.

Et le Canada?

Le Canada dépend beaucoup du marché d’exportation qu’est la Chine, mais ce n’est pas une solution à long terme, plaide James Caffyn. Le Canada a très bien fait au Japon. Ce pays qui paie bien aime le porc canadien. Il faut continuer de maintenir d’excellentes relations d’affaires. « Parce que les Américains et les autres pays aimeraient y prendre plus de place », dit l’analyste. C’est le cas notamment du Mexique qui y exporte de plus en plus de porc.

Le Canada a une excellente réputation à l’international. Il faudrait miser sur cet avantage pour développer une stratégie de relations d’affaires et une marque.

Les deux autres matinées du Porc Show auront lieu le jeudi 3 décembre et le mercredi 9 décembre. L’inscription est gratuite.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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