Le sans-antibiotique, est-ce pour moi?

Selon le médecin vétérinaire Clayton Johnson, directeur de Health Carthage System de Carthage Veterinary Services, la tendance vers le sans antibiotique est là pour rester.

« Les programmes sans antibiotique sont viables, dit-il. Il y a une demande pour cela et ils continueront d’être présents. C’est une opportunité. »

Travaillant en Illinois, Clayton Johnson était l’un des conférenciers invités lors du Banff Pork Seminar tenu à Banff, en Alberta, du 9 au 11 janvier 2018. Clayton Johnson a offert une entrevue audio à Bruce Cochrane de Farmscape (en anglais).

Selon Clayton Johnson, même si certains consommateurs sont prêts à allouer une partie de leur budget à l’achat de viande provenant de porcs élevés sans antibiotique, ce n’est pas la norme. La grande majorité du porc vendu est issus de l’élevage de commodité.

« C’est important de mentionner que lorsque le consommateur achète du porc – que ce soit du porc conventionnel ou du porc élevé sans antibiotique – vous achetez du porc n’ayant pas de résidus d’antibiotique », dit-il.

Impact pour l’éleveur

Clayton Johnson insiste sur l’importance de bien évaluer sa situation avant de choisir ce mode d’élevage. L’éleveur doit regarder plusieurs aspects comme la biosécurité, la santé et les méthodes alternatives qui pourront être utilisées pour remplacer les antibiotiques.

« Le statut sanitaire vient avec la biosécurité, dit-il. Si vous n’avez pas une bonne biosécurité, vous ne pouvez pas prévenir l’introduction de nouvelles maladies sur votre ferme. Et vous ne pouvez pas contrôler votre statut sanitaire et vous ne serez pas capable d’éliminer une maladie. Alors, nous ne sommes probablement pas capables de participer à un programme sans antibiotique. »

À l’inverse, un éleveur qui a un bon statut sanitaire qu’il peut mesurer par le nombre de maladies présentes dans son élevage et qui est capable d’éliminer les maladies courantes est un bon canditat à la participation dans un programme sans antibiotique.

Selon Clayton Johnson, le marché du sans antibiotique est devenu vite saturé. Il faut donc viser être parmi les meilleurs de ce créneau. Il recommande aux éleveurs qui en font partie de travailler activement avec leur vétérinaire, leur conseiller en alimentation et avec leur généticien.

L’éleveur devra aussi vérifier l’effet d’un tel programme sur son coût de production pour évaluer, au final, si l’effort en vaut le coût. Ce calcul diffère d’un élevage à l’autre selon la situation propre de l’éleveur.

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