Les bienfaits de la traite ajustée

La traite ajustée consiste à recueillir une quantité limitée de lait dans la semaine suivant le vêlage d’une vache.

Prélever moins de lait à la vache dans la semaine suivant le vêlage favorise son équilibre énergétique, sa santé et parfois même sa prochaine gestation.

En début de lactation, il est difficile pour la vache de manger suffisamment pour répondre à ses besoins. Elle puise à même ses réserves, ce qui induit un déficit énergétique. Elle devient alors plus vulnérable à diverses maladies. Des recherches ont prouvé que réduire brièvement la traite de lait pouvait contribuer à prévenir l’acétonémie, mais qu’en est-il des infections?

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Novalait a soutenu des chercheurs de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal pour valider un protocole de traite partielle applicable dans les fermes commerciales. L’équipe a étudié une cohorte de 850 vaches en provenance de 13 fermes laitières du Québec.

La traite ajustée consiste à recueillir une quantité limitée de lait dans la semaine suivant le vêlage. La méthode est simple à appliquer. Durant les trois premiers jours, on prélève quotidiennement 10 litres de lait. Au jour 4, on récolte12 litres et 14 litres au jour 5. À partir du 6e jour, les vaches retournent à la traite complète.

Réduction de l’acétonémie

La traite partielle aide à prévenir l’acétonémie. Les vaches qui y sont soumises voient leur risque de souffrir de ce trouble chuter de 57 % durant les jours 4 à 7 en lait, comparativement à celles à qui on prélève la quantité habituelle de lait. De plus, les chercheurs n’ont mesuré aucune réduction de la quantité de lait corrigé (ajusté pour la matière grasse et la protéine) ou non corrigé produit pendant les 44 semaines de lactation.

Prévention des infections

Les infections du pis surviennent en grand nombre durant la période de tarissement et tôt dans les jours suivant la mise bas. Souvent, elles sont contrôlées adéquatement par le système immunitaire de la vache, lorsque celui-ci fonctionne de manière optimale et ne nécessite alors aucun traitement antibiotique. Dans la recherche, les vaches soumises à la traite partielle ont éliminé 45 % des infections du pis durant le premier mois de la lactation. En comparaison, celles traites de manière conventionnelle n’ont éliminé que 25 % des infections. Le projet a aussi démontré que cette nouvelle méthode n’a pas d’effet sur l’incidence de la mammite clinique ou la métrite.

Nouvelle conception plus précoce

La traite ajustée semble aussi réduire le délai jusqu’à la prochaine saillie fécondante. En effet, les animaux ayant suivi ce protocole avaient 200 fois plus de chances, lors de leur deuxième gestation, de concevoir dans les 21 premiers jours suivants la fin de la période d’attente volontaire. Cet effet bénéfique n’a cependant pas été observé pour les vaches qui en étaient à leur troisième gestation. Ces dernières avaient des performances reproductrices similaires, peu importe le type de traite.

Vous aimeriez faire l’essai de ce protocole? Parlez-en avec votre vétérinaire. La traite ajustée pourrait s’intégrer comme pratique préventive dans la gestion de votre troupeau. Cette méthode, respectueuse de la physiologie de la vache, ne complique pas la routine. Elle peut facilement être programmée sur les systèmes automatisés (robots, carrousels et salons de traite), dont l’usage se répand toujours davantage.

Pour en savoir plus sur la traite ajustée, visionnez le témoignage d’un producteur sur novalait.ca/capsules-video.

Source : Novalait

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