En temps de sécheresse, il faut éviter d’épuiser les pâturages

Le producteur bovin Brian Maloney y va de quelques conseils pour mieux gérer la sécheresse dans les pâturages

Le producteur de bovins Brian Maloney de la Ferme Brylee de Thurso en Outaouais explique qu’il prend ses décisions en fonction de l’herbe présente dans ses pâturages. Le nombre d’animaux qu’il y mettra en dépend. Même un producteur d’herbe expérimenté comme lui avoue qu’il a abusé du système l’an dernier et qu’il en paie le prix cette année.

Le principe des pâturages régénératifs qu’il pratique implique d’observer les pâturages pour bâtir le sol. Les animaux sont changés quatre fois par jour de parcelle pour qu’ils ne mangent qu’une petite partie de l’herbe. En laissant ainsi une partie importante d’herbe au champ, on dépose du carbone dans le sol, ce qui fait un sol plus résilient.

Pour protéger ses pâturages cette année, Bryan Maloney a fait le choix de diminuer le nombre d’animaux au pâturage. Pour lui qui loge des animaux en pension, ça voulait dire informer un client qu’il ne pourrait pas prendre ses animaux cette année. «Ça me crevait le coeur», raconte Bryan Maloney.

Cette décision était d’autant plus importante que cette année, la Ferme Brylee a aussi doublé sa production pour la vente directe à la ferme. Avec la COVID-19, les clients ont cogné à la porte dès le mois de mars. Ils cherchaient de la viande. La famille composée de Bryan, sa femme Lise Villeneuve et leur fille Kim ont décidé d’ouvrir la boutique plus tôt.

La Ferme Brylee produit 100 bouvillons, en plus de loger un troupeau de 50 vaches et 50 veaux en pension et 100 moutons en pension.

Effet sécheresse

« Si je regarde du côté business, je vendrais les animaux et j’en rachèterais à l’automne, dit-il en parlant de la sécheresse. Il va y avoir des animaux pas chers à vendre à l’automne. Mais habituellement, les producteurs de bœufs, ils gardent les animaux jusqu’à la fin. On est attachés à nos animaux. On oublie qu’on est en affaires. On a des décisions à prendre »

Donc, si on ne prend pas soin de ses champs, il y aura un manque d’herbe et on pénalise les prochaines saisons. En fait, cette année, même en prenant soin de ses champs, il manque d’herbe en raison du manque de précipitations.

Dans une vidéo sur Facebook dans le groupe « Pâturages régénératifs Québec », la productrice bovine Dominique Demers de l’entreprise À l’Herbe! Bouvillons de pâturage de Pont-Rouge, explique qu’elle a déposé du foin dans son pâturage le plus pauvre pour permettre aux animaux de manger. Cela permet de fertiliser ce champ sans effort tout en permettant aux autres parcelles de reprendre.

De son côté, Brian Maloney regarde les options. « On pourrait semer des annuelles, des C-4, à la fin juillet », dit-il. Une chose est certaine pour lui : il ne faut pas oublier qu’on est en affaires. Il faut regarder les options et faire ses calculs.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires