Peste porcine africaine : on n’est jamais prêt à faire face à une crise

La seule chose qu’on peut faire, c’est de se préparer

Peste porcine africaine : on n’est jamais prêt à faire face à une crise

La maladie qu’on ne veut pas voir arriver dans les élevages porcins canadiens, c’est bien la peste porcine africaine (PPA). Cette maladie peut causer jusqu’à 90 ou 100% de mortalité chez les porcs et les sangliers.

Depuis 2007, la peste porcine africaine gagne du terrain en Europe, surtout chez les sangliers sauvages. Depuis août 2018, la peste porcine sévit en Asie. Juste depuis la dernière année, 10 nouveaux pays d’Asie en sont atteint. En Chine, le cheptel a diminué de 40 à 50% depuis août 2018. Avant l’arrivée de la PPA, l’Asie possédait 70% du cheptel porcin mondial.

Malgré les mesures prises aux frontières canadiennes pour limiter l’entrée de personnes provenant de l’étranger et rapportant des produits illégaux de porcs, le risque que la maladie entre est réelle. Le directeur général de l’Équipe québécois de santé porcine (EQSP), Martin C. Pelletier, ne veut pas se prononcer sur les probabilités d’entrée de la maladie au pays. « C’est entre 0 et 100% », dit-il. De la viande transportée par des voyageurs provenant d’Asie a été retracée aux douanes, mais est-ce que ce sera toujours le cas? Et si c’est le cas, quel est le risque que cette viande soit contaminée par la peste porcine africaine et qu’elle soit donnée à des porcs vivants au pays? Une chose est certaine : un seul cas aurait des conséquences catastrophiques pour l’industrie porcine canadienne. Le Canada exporte 70% de sa production.

Selon Martin C. Pelletier, on ne peut jamais être prêt à faire face à une crise comme celle-là. Même lorsqu’on est bien préparé et c’est ce que l’EQSP fait avec son plan de mesures d’urgence.

Formation

Un épisode d’une maladie animale exotique comme la peste porcine africaine entraîne des démarches laborieuses qui occasionnent beaucoup de stress pour les producteurs. C’est pourquoi en collaboration avec l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalières (AQINAC), l’EQSP a donné une formation aux gens de la filière porcine pour former des assistants à l’éleveur. Ces assistants sont des gens de la filière qui sont au courant des mesures d’urgences en cas d’avènement d’un épisode et qui pourront aider le producteur.

Martin C. Pelletier est déçu du nombre de participants à la formation d’assistants à l’éleveur. « On s’attendait à plus de personnes que ça », dit-il. Soixante personnes ont participé à la formation qui avait lieu les 20 et 27 janvier dernier, dont plusieurs n’agiront pas comme assistant à l’éleveur.

Au niveau psychologique, cet appui est important. Il fait partie du plan de mesures d’urgence de l’EQSP. « C’est une responsabilité énorme et un stress important », dit-il. Une autre formation sera donnée, mais Martin C. Pelletier ne sait pas quand. Une chose est certaine, il veut mieux faire connaître la formation et l’intérêt de se former.

Outre cette formation, l’EQSP continue à se préparer à l’avènement d’un épisode qui pourrait occasionner des mortalités importantes dans les cheptels porcins.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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