Recherche en cours sur les enclos d’hivernage

Photo : Katrin Sporkman, Thünen - Institute of Organic Farming

Photo : Katrin Sporkman, Thünen – Institute of Organic Farming

Au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault (CRSAD), l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) raffine ses connaissances en matière d’enclos d’hivernage, ce mode de logement extérieur des troupeaux vache-veau en hiver.

« De 1999 à 2004, nous avons constaté qu’il y avait trop d’eau à gérer au printemps », explique le professionnel de recherche Frédéric Pelletier, de l’IRDA. Il fallait donc trouver des solutions pour les périodes intenses de mars et avril, soit lors de la fonte des neiges. Le restant de l’année, la bande végétative filtrante pouvait capter les surplus d’eau. De plus, il y avait une forte concentration de fertilisants sous l’aire d’alimentation, ce qui était perçu comme une seconde problématique.

Afin de réduire la quantité d’eau à gérer lors de la fonte de la neige au printemps, les chercheurs de l’IRDA ont songé à réduire la superficie de l’enclos. Une étude à l’aide de caméras a permis de constater que les bovins sont couchés la majorité du temps, 14 heures, contre 9 heures à manger, et seulement une heure à se déplacer. Les bovins n’utilisaient donc pas tout leur enclos et la réduction de la superficie était donc envisageable.

Capture d’écran 2015-03-09 à 11.04.18En 2011, l’IRDA a considérablement réduit la superficie de ses enclos d’hivernage de Deschambault. Elle est passée de 150 m à 45 m2 par vache. Dorénavant, l’aire d’alimentation est bétonnée et couverte. Au printemps et à l’automne, elle sert d’enclos haute densité. L’accès à l’enclos extérieur est alors barré. En hiver, l’aire d’alimentation est grattée lorsqu’une température douce le permet. Le fumier retiré est entreposé dans un amas au champ. Pour récolter les excès d’eau au printemps, deux réservoirs de 17 m3 ont été aménagés pour un enclos (enclos 1), alors que l’autre (enclos 2) est muni d’une lagune de 190 m3 et d’un biofiltre à sa sortie. Les réservoirs et la lagune servent à accumuler l’eau provenant de la fonte de la neige dans l’enclos. Une station d’échantillonnage permet de collecter des échantillons pour mesurer les matières en suspension, l’azote et le phosphore provenant des réservoirs, du biofiltre et de l’amas au champ.

Des essais ont eu lieu durant les hivers 2013 et 2014 dans ce nouvel aménagement des enclos d’hivernage. Les deux hivers ont été différents quant à la météo et par conséquent, les résultats ont différé. Les réservoirs de l’enclos 1 ont permis de capter l’eau de fonte au printemps et la bande végétative filtrante a pu capter les matières en suspension, l’azote et le phosphore. Il y a eu moins de cinq événements d’excès d’eau durant l’hiver. L’enclos 2 avec la lagune a démontré une plus grande quantité d’eau à gérer puisque ce bassin reçoit plus de neige et de pluie.

Toutefois, le biofiltre installé à la sortie de la lagune a été très efficace pour réduire les matières en suspension, l’azote et le phosphore. En fait, il n’y en avait plus après. L’hiver 2014 a été plus froid, sans redoux. « Il y a eu plus de neige qui a fondu sur place, donc moins de liquide à gérer et aucun ruissellement », explique Frédéric Pelletier. Il n’y a donc eu aucun événement dans les deux enclos. Les essais se continuent cet hiver afin d’en apprendre davantage sur les comportements des enclos lors des événements hivernaux et printaniers.

Un article complet sur les enclos d’hivernage est présenté dans le numéro de février 2015 du Bulletin des agriculteurs. On y retrouve la portion concernant le comportement des animaux lors de ces essais ainsi que les nouveautés du Guide des aménagements alternatifs en production bovine : Conception, gestion, suivi (2014).

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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