Saison de vêlages : êtes-vous prêts?

En production vache-veau, la saison de vêlage est l’un des moments les plus importants de l’année. Voici un résumé d’une liste produite par Ron Clarke pour le magazine Canadien Cattlemen de janvier 2016. Comme il dit : « Rien de vraiment nouveau, seulement des points importants afin d’être prêt pour les vêlages. »

Pas de surprise sur les performances des taureaux

La durée de vêlage doit être contrôlée sur deux ou trois cycles reproductifs. Si ce n’est pas le cas, il faut vérifier la santé reproductive des taureaux. Des tests de gestation doivent être effectués à l’automne.

État corporel des vaches allaitantes

Afin d’obtenir la meilleure fertilité après le vêlage, les vaches adultes doivent vêler à un état de chair de 2,5 et pour les taures, on parle de 2,5 à 3,0. Il doit être maintenu jusqu’à la saison de reproduction. Les vaches maigres produisent un colostrum de faible qualité et des veaux moins vigoureux; elles ne reviennent pas en chaleur ou ne collent pas aussi rapidement; et les veaux sevrés sont plus petits. Rappelez-vous :

  • Le taux de reproduction est cinq fois plus important que le taux de croissance et 10 fois plus important que la qualité de carcasse quand on évalue le PROFIT!
  • Une amélioration de l’efficacité reproductive de 2% diminue le coût de production de 16,50 $/tête.
  • Chaque fois qu’une vache rate un cycle de reproduction, il y a une perte de 42 livres de poids au sevrage!

Des ajustements de l’énergie de la ration doit débuter au moins 90 jours avant le vêlage. Utilisez l’expertise de votre vétérinaire et de votre spécialiste en alimentation pendant le dernier trimestre de gestation. Il est plus difficile de faire les ajustements après le vêlage.

Vêlage tôt : la protection des veaux nouveau-nés est critique

Les nouveau-nés ont une capacité limitée de réguler leur température corporelle et sont très sensibles au froid. La survie du veau est compromise dans des conditions froides, humides et boueuses. Prévoir un abri adéquat et une bonne litière.

Préparation des installations de vêlage avant le grand jour

L’espace prévu pour le vêlage doit être propre et sec et à proximité de l’abri. Il est bon d’avoir des enclos de vêlage munis de carcan, une barrière amovible et un panneau pour veaux. Vérifiez votre inventaire d’équipements nécessaires pour le vêlage. L’étable doit être bien rangée et bien entretenue pour éviter tout danger de blessure pour les animaux.

Le plus grand défi : éviter les maladies infectieuses

Le froid et l’hypoglycémie augmentent de huit fois le risque de mortalité des veaux causée par les maladies infectieuses. Le manque de vigueur et l’absence de réponse sont les signes tangibles qu’il y a problème. Les programmes de vaccination de la vache avant le vêlage procurent une immunité au veau par le colostrum. Ils sont aussi plus efficaces que les traitements après vêlage. La mère est souvent la source des pathogènes transmis au veau. Consultez votre vétérinaire pour établir la meilleure stratégie pour votre ferme.

Commencez propre, restez propre

La prévention de la diarrhée est une question de contrôle du nombre de pathogènes et le maintien de la résistance. La température et l’humidité jouent un rôle. La boue et la neige favorisent la multiplication des pathogènes. Le froid peut favoriser la facilité des veaux à résister aux maladies. La biosécurité n’est pas facile à maintenir, mais il faut prendre tous les moyens possibles : environnement propres autour des veaux, utilisation de gants jetables, lavage de mains fréquents, désinfection des bottes, changement fréquents des vêtements, désinfection des équipements… Et gardez en tête que le chien, les chats, les oiseaux et les rongeurs peuvent faire partie du problème.

Connaissez votre ennemi

Une bonne bataille commence par la connaissance de l’ennemi. Parce que la diarrhée et les infections respiratoires peuvent être complexes, un diagnostic est nécessaire pour établir un programme de contrôle. Travaillez avec votre vétérinaire.

Le colostrum est crucial pour la survie du nouveau-né

Gérez le bien. Les veaux doivent recevoir cinq à six pourcent de leur poids vif (1,5 à 2 litres) de colostrum dans les six heures, et autant dans les six heures suivantes. Si le veau n’a pas accès au colostrum de sa mère, le colostrum d’une autre vache ou un supplément commercial de colostrum peut être nécessaire. Idéalement, le colostrum devrait être collecté des vaches dans les 24 heures suivant le vêlage et servi frais. Il peut aussi être collecté, congelé et utilisé plus tard. Seul le colostrum de vaches exemptes de paratuberculoses devrait être utilisé. Les veaux qui n’ont pas réussi à boire dans les trois heures devraient recevoir du colostrum par sonde gastrique.

La séparation des animaux aide au contrôle des maladies

Les veaux de taures ont plus de chances d’être malades. Les taures produisent une plus petite quantité de colostrum de plus faible qualité. De plus, elles ont de moins bonnes aptitudes maternelles et ont plus de risque de vivre un vêlage difficile. Il vaut mieux affronter ces défis en début de saison alors que l’environnement est le plus propre et qu’il y a moins d’animaux.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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