Un antibiotique contre la mammite parmi les 10 découvertes de l’année

Les travaux d’une équipe multidisciplinaire de l’Université de Sherbrooke figurent parmi les 10 découvertes de l’année du magazine Québec Science de février 2011.

L’équipe a découvert une nouvelle classe d’antibiotiques : l’antibiotique à base de ligand PC1. Ces résultats ouvrent une nouvelle voie de lutte contre des bactéries de plus en plus résistantes aux traitements conventionnels. Ils ont été publiés en avril dans la revue PLoS Pathogens, par les professeurs Daniel Lafontaine, François Malouin et Louis-Charles Fortier ainsi que leurs collaborateurs Jérôme Mulhbacher, Éric Brouillette et Marianne Allard.

Cette nouvelle classe d’antibiotiques pourrait un jour contribuer à lutter contre certaines infections nosocomiales qui ont touché les hôpitaux ou encore la mammite bovine – la maladie la plus fréquente et la plus coûteuse pour l’industrie laitière canadienne.

«D’ailleurs c’est l’étude exhaustive des gènes exprimés par S. aureus durant la mammite bovine qui nous a permis d’identifier pour la première fois une série de gènes importants pour la virulence de cette bactérie», témoigne le professeur Malouin.

Dans Québec Science, François Malouin insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’un nouvel antibiotique parmi d’autres, mais bien d’une nouvelle classe d’antibiotiques, ce qui est très rare. «Une seule nouvelle classe d’antibiotiques a été approuvée pour utilisation chez l’humain depuis 1985», précise le microbiologiste.

Les antibiotiques sont issus de quelques classes de produits depuis une trentaine d’années, indique Daniel Lafontaine. «C’est ce qui explique pourquoi les bactéries ont développé des résistances. Sur le plan de la recherche fondamentale, notre découverte ouvre la voie à une nouvelle génération d’antibiotiques. Les bactéries n’avaient encore jamais été exposées à ce nouvel antibiotique et ne développent pas de résistances jusqu’à présent», ajoute-t-il.

«Dans un contexte hors de l’infection, nous avons montré qu’il n’y avait pas de développement de résistance après 30 passages de la bactérie en présence du nouvel antibiotique alors que la ciprofloxacine et la rifampicine (antibiotiques traditionnels ciblant des protéines essentielles en tout temps) exercent une pression sélective comme des mutations chez la bactérie permettent le développement de résistance après environ cinq passages!» précise François Malouin.

Liens :

Québec Science

Université de Sherbrooke

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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