Un octroi à la relève dans le veau de grain qui arrive à une bien mauvaise période

Les jeunes sont appelés à présenter leur projet d’établissement dans la production de veaux de grain

Les Producteurs de bovins du Québec sollicitent encore une fois cette année les jeunes qui souhaiteraient démarrer une production de veaux de grain. Le problème actuellement, c’est que l’année 2019 est la plus difficile depuis longtemps.

Le programme a été mis en place en 2011. Il permet l’octroi d’un historique de production de 1000 veaux pour des jeunes qui souhaiteraient démarrer dans la production. Les candidats intéressés ont jusqu’au 31 octobre 2019 pour présenter leur projet qui respecte les critères établis par la fédération. C’est le cas notamment de l’expérience en production, de la scolarité et du plan d’affaire, idéalement préaprouvé par une institution financière. Chaque critère a un pointage et le jeune qui a obtenu le plus de points l’emporte.

La production de veaux de grain est contingentée au Québec et celui qui veut produire doit détenir ce qu’on appelle un historique de production. Depuis 2014, l’octroi d’historique de production est de 1000 veaux. Il était de 650 avant. C’est suffisant pour en vivre puisque le modèle de production est de 750 veaux.

Ce programme de démarrage destiné à la relève ne permet pas de freiner les départs de la production. « D’année en année, il y a de 4000 à 5000 veaux d’historique qui disparaissent », explique Guy Laquerre, le directeur de la mise en marché des veaux de lait et veaux de grains aux Producteurs de bovins du Québec. « On essaie de maintenir la production. Elle est actuellement d’environ 70 000 veaux par année. Pour de multiples raisons, il y en a toujours qui quittent. »

Une année difficile

Suite à l’annonce de cet appel à la relève, des producteurs de veaux de grain ont démontré, sur Facebook, beaucoup d’incompréhension face à cette offre. C’est qu’il y a actuellement des « surplus ». De telle sorte que les prix sont bas depuis plusieurs mois.

« Dans notre mode de production, il y a un prix plancher, explique Guy Laquerre. Les veaux non vendus sont offerts à ceux qui ont continué d’acheter des veaux. Il y a concentration d’acheteurs dans notre secteur. Le marché est difficile, mais il n’y a pas nécessairement de surplus. C’est le mécanisme de support au prix plancher. Le marché du veau est plus difficile depuis le début de l’année. »

Guy Laquerre ajoute que de 2014 à 2018, l’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) n’est pas intervenue une seule année. C’est que les prix étaient bons. Pour ceux qui sont en production depuis quelques années, c’est du jamais vu, mais Guy Laquerre n’est pas inquiet.

Pour le programme d’aide au démarrage, il se fait rassurant. « Il faut regarder à long terme », dit-il. Ça peut prendre deux ou trois ans avant que le récipiendaire soit en production.

Les personnes intéressées par ce programme, doivent contacter Catherine Larivée-Bazinet au (450) 479-0540, poste 8637, ou au [email protected]

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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