Un producteur laitier aux conférences du Congrès du bœuf

Qu’est-ce qu’un producteur laitier vient faire dans une journée de conférences destinées aux producteurs bovins? La raison est simple: ce producteur est un champion des pâturages et quiconque désire monter un système de pâturage peut en apprendre de Kornel Schneider, de la Ferme Rêveuse, de Curran, dans l’Est ontarien.

Propriétaire d’un troupeau laitier de 110 vaches et sa relève, Kornel Scheider a offert une conférence portant le titre de Moins de ciment, plus de nature! lors du Congrès du bœuf à Victoriaville le 6 octobre 2017.

Ayant acheté une ferme laitière avec peu d’argent (environ 40 000$) à 23 ans, Kornel Schneider n’avait d’autres choix que d’être efficace et de diminuer ses coûts partout. Natif de la Suisse, pour lui, le choix des pâturages était naturel. Selon son estimation, les pâturages permettent de diminuer le coût de production de 35%, comparativement à une ferme laitière conventionnelle. «L’Ireland et la Nouvelle-Zélande ont les coûts de production les plus bas pour produire du lait et c’est basé sur les pâturage», dit-il.

Les bases de son système de pâturage, c’est :

– le chemin d’accès en sable («C’est souvent une des raisons pourquoi les gens ne font pas de pâturage», dit-il), pour 400 têtes qui passe là chaque jour; les vaches ont toujours les pieds au sec

– les clôtures (plusieurs parcelles sont subdivisées en bandes pour les différents groupes d’animaux)

– qualité de l’équipement (plusieurs moulinets et piquets de bonne qualité pour que ce soit facile)

– l’approvisionnement en eau partout, avec 8000 mètres de tuyaux d’un pouce partout avec 65 sorties d’eau, 6 bacs portables («Il faut que la source d’eau soit proche», dit-il.)

– herbe fraîche en tout temps, soit une nouvelle bande d’herbe à chaque traite, donc deux fois par jour («L’herbe fraîche dans le rumen abaisse la température interne de la vache, dit-il. S’il fait chaud comme la semaine dernière, j’avance le fil plus souvent qu’à chaque traite.»)

– renouvellement des parcelles, avec entre autres du vasage au printemps et le semi d’une espèce peu répandue ici, le trèfle de Perse («J’ai fait produire un semoir en Europe qui sème très précisémment le brome, dit-il. J’achète les plantes que je veux et je fais mes propres mélanges.»)

– évaluation du rendement des pâturages avec l’herbomètre et maintenant le Feed Reader

– utilisation de chiens de berger pour ramener le troupeau

Voici la «recette» de Kornel Schneider pour un bon système de pâturage :

«La transition vers le pâturage consiste à plus que tourner les vaches au pâturage. La transition vers un système de pâturage nécessite un changement de mentalité. La production par vache n’est pas le facteur principal pour le profit ou la durabilité d’une ferme laitière. Si vous envisagez sérieusement la transition vers le pâturage, veuillez relire la phrase précédente.»

Pour lui, l’important est la profitabilité de son entreprise, pas l’entrée d’argent. «L’agriculture nord-américaine est la plus productive, mais pas nécessairement la plus profitable», dit Kornel Scheider.

PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

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