Une baisse du cheptel porcin alimente les prix

PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Le dernier rapport Hogs and Pigs du département américain de l’Agriculture  (USDA) indique que l'inventaire au 1er mars du cheptel porcin se situait à 74,8 millions de têtes, en baisse d'environ 3% par rapport au dernier trimestre et de 1,8% à mars 2020. Le chiffre est nettement en dessous des attentes du marché et représente la première réduction de mars à mars depuis 2014, selon un économiste agricole cité dans le Farm Journal's PORK. Chaque catégorie de poids en fait est en baisse par rapport à l’an dernier.

La firme d'analyse RJ O’Brien confirme de son côté que le cheptel de truie a diminué depuis décembre 2020 pour se situer à 6,22 M truies, ce qui représente 2,5% de moins qu’en mars 2020, une diminution attribuée à la hausse des coûts d’alimentation.

Les contrats à terme de porcs au Chicago Mercantile Exchange ont atteint récemment leur niveau le plus élevé en six ans et demi en raison de la hausse des prix du porc et des prévisions d’exportations élevées pour les prochains mois. Le marché table aussi sur une reprise de la demande intérieure avec la vaccination qui progresse aux États-Unis, ce qui pourrait mener à un relâchement des mesures, particulièrement dans la restauration.

Une réduction dans les inséminations et donc dans les mises bas est également prévue par le USDA, de l’ordre de 4,2%. Si ce chiffre se concrétise, cela signifierait une diminution importante dans l’abattage de porcs pour la fin de 2011, début 2022.

Pour l’instant, les stocks dans les chambres froides sont en forte réduction sur un an avec 24% de viande dans les entrepôts pour le porc. Les stocks de volaille sont en baisse de 3% par rapport au mois précédent et de 14% par rapport à il y a un an, tandis que le bœuf est en baisse de 2% par rapport au mois précédent, mais en hausse de 3% par rapport à l'année dernière.

L'USDA a révisé ses prévisions de consommation de porc par habitant aux États-Unis en 2020. Le chiffre final est de 52 livres par personne par rapport à son estimation antérieure de 51,9. Pour 2021, le chiffre prévu est de 52,5 livres par personne. Avant la COVID-19, la consommation de porc par habitant aux États-Unis était de 52,4 livres en 2019. Le niveau le plus élevé enregistré par le département américain est de 54,2 livres en 1981.

Les États-Unis ont exporté 606 millions de livres de porc en janvier, soit environ 9% de moins qu'en janvier 2020. Bien que cette baisse reflète principalement la baisse des expéditions vers la Chine et Hong Kong, les exportations vers le Mexique étaient également inférieures d'environ 6%. Les exportations américaines de porc vers d'autres pays d'Asie et d'Amérique latine sont en hausse pour le début de 2021.

Comme les exportations sont prévues de reprendre vers la fin de l’année, les prix du porc devraient demeurer bons, mais à la condition que les prix des grains n’augmentent pas trop.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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