Une nouvelle recherche change nos perceptions sur la colonisation des bactéries chez les veaux nouveaux-nés

Des chercheurs finlandais ont trouvé des traces d’ADN bactérien dans l’intestin du veau dès la naissance

Les veaux nouveau-nés sont-ils nés sans aucune trace de bactérie? On pourrait le penser étant donné le caractère stérile présumé de l’utérus de sa mère. Mais, selon des chercheurs de l’Université d’Helsinki, en Finlande, il a été découvert qu’une quantité variée d’ADN bactérien existait dans l’intestin du veau dès la naissance.

«Nous recherchons des gestations en bonne santé», a déclaré Mikael Niku, chercheur à la Faculté de médecine vétérinaire. «On pense que l’utérus sain est dépourvu de microbes chez tous les mammifères et l’on pense que l’intestin d’un nouveau-né en bonne santé ne reçoit les premières bactéries qu’après la naissance.»

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Il peut y avoir une quantité considérable de bactéries et de virus capables de pénétrer dans le placenta en cas d’infections utérines, mais l’on pense généralement que la colonisation microbienne ne commence qu’après la naissance. La recherche a montré la présence d’ADN microbien, mais la question de savoir s’il s’agit de bactéries intestinales vivantes reste à élucider.

Les recherches menées à Helsinki ne sont pas simples parce que le nombre de bactéries fœtales est non seulement faible, mais la contamination par le monde extérieur est potentiellement élevée. Selon Mikael Niku, le système immunitaire des bovins n’est pas totalement fonctionnel à la naissance, mais le système immunitaire feoatal chez les grands mammifères est plus capable que ce que l’on pensait auparavant.

Au cours du premier jour de vie, le microbiote, soit la population microbienne, de l’intestin du veau change de façon spectaculaire. Puis, en une semaine, il commence à ressembler au microbiote adulte. Le régime alimentaire a une grande importance. Les veaux nouveaux-nés ont besoin des microbes, car ils sont indispensables au bon fonctionnement de l’intestin et du rumen. Cependant, le veau doit également être protégé contre les agents pathogènes dangereux.

«C’est une interaction entre les microbes, le système immunitaire du veau, les anticorps qu’il reçoit dans le colostrum et d’autres composants du lait qui favorisent la croissance de microbes bénéfiques, dit Mikael Niku. De cette façon, le microbiote intestinal et le système immunitaire se développent ensemble et apprennent à se connaître. C’est un processus fascinant.»

La recherche sur cet aspect est très récente et complexe. Il est possible que la mère forme le système immunitaire fœtal en développement en y affichant son microbiote. Il pourrait s’agir de microbes vivants ou de composants microbiens traités par son système immunitaire. De toute façon, explique Mikael Niku, les microbes sont nécessaires avant la naissance.

«Les bovins produisent la plupart de leurs cellules productrices d’anticorps dans l’intestin», a-t-il dit. «Ils ont également un nombre beaucoup plus petit de gènes d’anticorps dans leur génome. Par conséquent, ils doivent utiliser des astuces pour générer une assez grande variété d’anticorps pour lutter contre tous les différents agents pathogènes. Ils le font en modifiant intentionnellement les gènes des anticorps. Cela nécessite généralement la présence de microbes. Nous avons montré que chez les bovins, cela commence chez le fœtus. Nous essayons maintenant de savoir si cela se produit en réponse aux microbes fournis par la mère.»

Des études en cours portent sur la relation entre la mère, l’alimentation de la vache, le régime alimentaire au lait et le succès des microbes chez les veaux. Des études similaires sont en cours sur les poulains et les porcelets nouveau-nés.

La recherche a été publiée dans le Scientific Reports.

Source : The Western Producer

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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